
Capsule littéraire – Mon amie des ténèbres
19 mai 2025
Capsule littéraire – Tags ou graffs?
2 juin 2025Titre: Les enfants d’Izieu
Autrice: Rolande Causse-Gibel
Illustrateur: Gilles Rapaport
Éditeur: D’eux
Année de publication: 2024
Nombre de pages: 73
ISBN : 9782925347194
Public : 12 à 17 ans
Thèmes : Enfants juifs, poésie, Seconde Guerre mondiale
Résumé
Dans la première partie de l’album, l’autrice nous ouvre les portes de la Maison D’Izieu où nous ressentons l’effervescence du début des vacances de Pâques. C’est le matin du 6 avril 1944; les enfants, la tête remplie d’activités à réaliser, s’attablent pour le petit-déjeuner. Ils sont 44 enfants, âgés de quatre à dix-sept ans, séparés de leurs parents en raison de la guerre. Ils y ont trouvé refuge et sont entourés d’adultes qui prennent soin d’eux.
« Cette imposante bâtisse était accueillante et rassurante. “Un havre de paix” disait Paul du haut de ses seize ans ». (p. 17)
On tourne la page et l’horreur commence. Des soldats allemands envahissent la maison et les 44 enfants et 7 adultes sont jetés et entassés dans des camions. Ensuite, ils sont transférés durant de longues heures dans des wagons sans fenêtre, debouts jusqu’au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Ils ont vécu dans la frayeur et ont été brutalisés.
Le 15 avril 1944, 34 enfants et 3 adultes ont dû avancer rasés et nus en rang pour franchir une lourde porte qui s’est refermée sur eux. Le 30 juin 1944, 10 enfants et 3 adultes subiront le même parcours et seront également gazés et brûlés.
Critique
Grâce au témoignage de l’unique survivante, Léa Feldblum, Rolande Causse-Gibel rend hommage aux 44 enfants et aux 7 adultes déportés et assassinés pendant la Seconde Guerre mondiale.
Les mots choisis par l’autrice rendent le poème extrêmement puissant. La lecture rythmée créée par des phrases courtes fait ressentir d’abord le bien-être des enfants et par la suite, l’état de frayeur dans lequel ils ont vécu.
La répétition utilisée pour certaines phrases met l’accent sur l’aberration de ce drame et sur l’horreur infligée à tous ces êtres humains nés juifs.
Les illustrations à l’encre noire de Gilles Rapaport installent une atmosphère lourde dépeignant l’angoisse et la mort. Le contraste entre le noir des illustrations et les pages blanches est saisissant. La relation entre le texte et les illustrations est bouleversante.
Par la réécriture de son œuvre publiée pour la première fois en 1989, l’autrice redonne vie aux 44 enfants afin que nous ne les oubliions pas. Un album important pour se rappeler les vies enlevées injustement.
Ouvrez le livre et rencontrez Barouk-Raoul qui rêvait d’être clown, Maurice qui aspirait à devenir compositeur comme son père, Nina et Esther qui planifiaient un concours de danse, Théodor qui voulait une ferme, Marcel, Alice, Henry, Georgy et les 35 autres enfants.
Pistes pédagogiques
S’informer
Fondée par le couple formé de Sabine et Miron Zlatin, cette maison accueillait et protégeait les enfants séparés de leurs parents. La Maison d’Izieu existe encore aujourd’hui.
Quelle est la mission des lieux d’accueil ? Existe-t-il des endroits comme ceux-ci dans votre municipalité ? Les identifier et sensibiliser les élèves aux différents problèmes et injustices vécus aujourd’hui près d’eux.
Écrire
Que seraient devenus ces 44 enfants s’ils avaient survécu à la guerre ? Imaginer un avenir plein de promesses pour eux en se référant aux informations trouvées dans l’histoire et à la liste des noms et des âges apparaissant à la fin du livre.
Regrouper
Rassembler des ouvrages sur les victimes de la Shoah, sur le procès de Klaus Barbie, l’homme responsable de leur déportation et de leur assassinat.
Autrice de l'article: Sophie Provencher






