Cadre de référence de la bibliothèque scolaire au carrefour des apprentissages
Ce cadre de référence définit la bibliothèque scolaire au carrefour des apprentissages. Il guide les organisations scolaires pour réfléchir le déploiement de ce service éducatif complémentaire et son usage à des fins pédagogiques.
La recherche scientifique réalisée dans les dernières années a permis de décrire un service de bibliothèque scolaire apte à favoriser la réussite scolaire. Plusieurs associations professionnelles de bibliothécaires scolaires, à l’instar de la recherche scientifique, ont également actualisé le rôle et la vision de la bibliothèque scolaire à travers des documents phares, tels que « Les recommandations de l’IFLA pour la bibliothèque scolaire », de l’International Federation of Library Association, mises à jour en 2018 et « L’apprentissage en tête », de l’Association canadienne des bibliothèques, publié en 2017. C’est de tous ces travaux que s’inspire le Ministère dans l’élaboration de sa vision d’une bibliothèque scolaire capable de servir le milieu en soutenant véritablement l’enseignement de même que l’apprentissage.
« Partout dans le monde, les bibliothèques scolaires, dans leurs différentes appellations, partagent un but commun : la mise en valeur de “l’enseignement et l’apprentissage pour tous” » (International Federation of Library Association, 2018).
À l’ère du numérique, les élèves, comme le personnel éducatif évoluant dans l’école québécoise, font face à une profusion d’informations, de documents, de connaissances et de moyens d’y accéder, avec lesquels il devient plus difficile de composer. De ce fait, l’identification de ressources(principalement de livres mais également d’albums, de documentaires, de manuels, d’encyclopédies, etc.) de qualité, variées et adaptées au regard de besoins d’apprentissage complexes n’a jamais été aussi importante. Qu’il s’agisse de la recherche de documents physiques ou numériques, de leur validation, de l’analyse de leur pertinence, de l’établissement de liens entre eux, de leur appropriation et des droits relatifs à leur utilisation, la participation de bibliothécaires professionnels aguerris dans la gestion de l’information, aptes à guider l’ensemble de la communauté scolaire à travers cette complexité, représente désormais un appui incontournable. Une bibliothèque scolaire adaptée à son époque soutient l’enseignement et l’apprentissage, et contribue à la réussite éducative des élèves grâce à la collaboration étroite entre les enseignants et le personnel qualifié en bibliothéconomie, composé des bibliothécaires et des techniciens en documentation.
« La bibliothèque n’est plus uniquement un endroit où l’on entrepose des livres; elle doit devenir un lieu dynamique qui permet d’apprendre, d’échanger, d’agir, de produire, d’explorer et de collaborer » (Conseil supérieur de l’éducation, 2020, p. 57).
Placée au carrefour des apprentissages, la bibliothèque demeure universelle et acquiert de la flexibilité, s’adressant à l’ensemble de la communauté apprenante, soucieuse de répondre à ses différents besoins, de même qu’à ceux du personnel éducatif qui accompagne les élèves dans leur cheminement scolaire. Elle ajoute à l’environnement plus traditionnel d’espaces calmes et silencieux une dimension d’espaces ouverts, collaboratifs, témoins d’une effervescence intellectuelle liée à l’utilisation de ressources riches et variées dans une atmosphère conviviale et animée. Elle se donne des cibles plus spécifiques, par exemple le soutien de la compétence et de l’appétence à lire, le développement de la culture informationnelle (qui permet notamment d’affiner ses méthodes et stratégies de recherche, de sélectionner et de traiter l’information en exerçant sa pensée critique) et l’approche culturelle, qui soutient la découverte, la promotion et l’appréciation d’éléments de culture. Pourtant, elle n’en a pas moins des visées plus globales visant à soutenir les élèves dans leurs réussites.
Ainsi, cette bibliothèque au carrefour des apprentissages, soucieuse de soutenir l’enseignement et l’apprentissage :
- Constitue le point de rencontre de différentes expertises à la fois bibliothéconomiques et pédagogiques, par la mise en place d’une structure de collaboration et de partage;
- Choisit la variété de ses ressources (principalement de livres mais également d’albums, de documentaires, de manuels, d’encyclopédies, etc.) en considérant au premier chef le Programme de formation de l’école québécoise, selon des critères étroitement liés aux différentes exigences disciplinaires ainsi qu’aux pratiques pédagogiques qui s’y rattachent;
- Contribue, par ses services, à soutenir l’actualisation d’une variété d’approches pédagogiques et d’activités d’apprentissage où la résolution de problèmes, la recherche, l’expérimentation, la création et l’innovation sont privilégiées;
- Offre un environnement flexible, inclusif, dynamique et sécuritaire par ses installations et ses infrastructures physiques et numériques permettant la rencontre des élèves et des enseignants de tous les niveaux et de toutes les disciplines.
Plan d'action sur la lecture à l'école
L’orientation générale du plan d’action est de former de jeunes lecteurs qui prennent plaisir à lire, qui ont régulièrement recours à la lecture de façon efficace et qui prennent l’habitude de lire pour la vie.
Au cours des dernières années, de nombreuses recherches universitaires ont été faites sur la place qu’occupe la lecture dans la réussite scolaire des jeunes. Elles ont démontré que, tout au long de leur scolarité, la lecture joue un rôle essentiel et constitue une clé importante de leur réussite. Aussi, de bonnes habitudes de lecture prises dès l’âge préscolaire aident les jeunes, à mieux cheminer dans leur parcours scolaire et à apprendre plus facilement dans toutes les disciplines, de même qu’elles contribuent à en faire des lecteurs « pour la vie ».
À la suite de ces constatations, le Ministère a annoncé, en janvier 2005, la mise en place du Plan d'action triennal sur la lecture. Ce plan visait à améliorer l'accès à des ressources de qualité, sur les plans physique, pédagogique et culturel, et à mettre en œuvre une série de mesures pour en assurer l'efficacité. Notamment, ces dernières devaient permettre de créer un rapport positif à la lecture et de développer les habiletés cognitives et les stratégies qui y sont reliées. La mise en place de ce plan d'action reposait aussi sur son apport essentiel au Programme de formation de l'école québécoise.
Au terme de sa première phase triennale, l'évaluation du plan s'étant révélée positive, le Ministère a décidé de le renouveler pour une période de trois ans, soit de septembre 2008 à juin 2011. Tout en poursuivant les mesures amorcées précédemment, la deuxième phase a permis d'en déployer graduellement de nouvelles, tout en mettant les priorités sur :
- l'embauche et l'action de bibliothécaires scolaires;
- la mise à jour du personnel scolaire;
- l'accompagnement de la famille dans le développement de l'habitude de lecture chez les jeunes;
Objectifs
1. Doter les bibliothèques scolaires de ressources variées et de qualité.
2. Soutenir les commissions scolaires pour qu’elles aient accès à des ressources humaines spécialisées en bibliothéconomie.
3. Développer des habiletés et des stratégies qui mènent au développement d’habitudes durables de lecture chez les jeunes.
4. Renforcer le lien entre l’école, la famille et la communauté au regard de l’importance de la lecture.
5. Favoriser une dynamique régionale pour ce qui est de l’action et de l’engagement du milieu sur le plan de la lecture à l’école1
Plan d’action numérique (2018)
MESURE 17 DÉPLOYER LE PRÊT DE LIVRES NUMÉRIQUES EN BIBLIOTHÈQUE SCOLAIRE ET ENCOURAGER LEUR TRANSITION VERS DES CARREFOURS D’APPRENTISSAGE
Le Ministère soutiendra le déploiement d’une plateforme de prêt de livres numériques pour les bibliothèques scolaires, autant pour les établissements d’enseignement privés que pour le réseau des écoles publiques, ce qui permettra à l’ensemble du réseau scolaire, à ses intervenants pédagogiques et à ses élèves, notamment ceux ayant des besoins particuliers, de profiter des avantages pédagogiques et des multiples possibilités associés à l’utilisation du format numérique du livre grâce à un accès simple et légal. Le partenaire pressenti est Bibliopresto. Les résultats d’un projet-pilote réalisé par la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles ont déjà permis une avancée de la réflexion sur la technologie.
Au cours des trois prochaines années, la mise en place de ce projet nécessitera trois phases, soit une phase de développement technique et administratif pour la plateforme et ses conditions d’utilisation en 2018-2019, une phase de déploiement restreint en 2019-2020, premier stade d’implantation qui permettra les ajustements nécessaires en vue d’une dernière phase de déploiement complet, en 2020-2021, qui rendra la plateforme accessible pour tous les établissements. Le Ministère souhaite par ailleurs encourager la transition des bibliothèques scolaires vers des carrefours d’apprentissage adaptés aux besoins des élèves et du personnel enseignant. Le modèle traditionnel de la bibliothèque scolaire est appelé à se transformer pour renforcer sa contribution au développement des compétences du 21e siècle chez les élèves jeunes2.
1. http://www.education.gouv.qc.ca/dossiers-thematiques/lecture/
2. http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/ministere/PAN_Plan_action_VF.pdf p.44
Rapport : Éduquer au numérique (2020)
6. Des ressources à développer, des services à mettre en valeur
Au chapitre des ressources et des services, la mesure 11 du PAN consiste à « soutenir l’acquisition et le développement de ressources éducatives numériques », alors que la mesure 15 prévoit de «développer une plateforme nationale de ressources éducatives numériques ».
De son côté, la mesure 17 consiste à «déployer le prêt de livres numériques en bibliothèque scolaire et [à] encourager leur transition vers des carrefours d’apprentissage». Cette partie du rapport traite d’abord des enjeux liés aux ressources éducatives numériques.
Elle présente ensuite la situation des différents réseaux de bibliothèques, un service qui pourrait être plus systématiquement mis à contribution quant au développement de la compétence numérique3.
6.2 Les bibliothèques comme carrefours d’apprentissage On parle dorénavant des « sciences de l’information» (et non plus de bibliothéconomie) pour désigner les programmes universitaires qui permettent de former les bibliothécaires (Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec, s.d.). En tant que spécialistes des ressources informationnelles, ces personnes devraient être systématiquement mises à contribution pour développer la compétence numérique. Le survol suivant montre qu’il y a cependant loin de la coupe aux lèvres.
6.2.1 Les bibliothèques scolaires
Précisons d’entrée de jeu que certains centres de services scolaires n’ont pas de bibliothécaire et que certaines écoles n’ont pas de bibliothèque. Comme l’élève est désormais socialisé de manière numérique et submergé par l’information, il serait important d’adopter une vision commune de la bibliothèque scolaire, centrée sur le jeune. La bibliothèque n’est plus uniquement un endroit où l’on entrepose des livres; elle doit devenir un lieu dynamique qui permet d’apprendre, d’échanger, d’agir, de produire, d’explorer et de collaborer. Le carrefour d’apprentissage se veut flexible et accessible en tout temps (physiquement et virtuellement). Il propose des services d’aide et un espace pour la pédagogie active et inclusive, qui favorisent la mise en valeur des compétences informationnelles.
La réussite de la transition des bibliothèques vers les carrefours d’apprentissage dépendra d’un engagement collaboratif entre les divers acteurs de la communauté scolaire.
Les bibliothécaires ont pour rôle de soutenir les apprenantes et apprenants dans la recherche d’information et le développement de compétences transversales, notamment de celles qui consistent à exploiter l’information (s’approprier l’information, reconnaître diverses sources d’information, tirer profit de l’information) et à exercer son jugement critique. L’Association pour la promotion des services documentaires scolaires (APSDS) a notamment pour objectif de promouvoir «une vision commune du rôle de la bibliothèque en milieu scolaire, de son personnel et des besoins des usagers, ainsi que l’utilisation pédagogique des centres de ressources documentaires ».
L’APSDS doit composer avec certains enjeux et défis pour assurer la transition des bibliothèques vers les carrefours d’apprentissage (Association canadienne des bibliothèques, 2014), soit le manque de personnel, la collaboration des divers acteurs et la persistance de la conception traditionnelle des bibliothèques (où l’on devait notamment garder le silence)4.
3. https://www.cse.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/2020/11/50-0534-RF-eduquer-au-numerique.pdf p. 53
4. https://www.cse.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/2020/11/50-0534-RF-eduquer-au-numerique.pdf p. 57

