
Capsule littéraire – Walter Cobb: nos chemins d’or et de poussière
5 octobre 2026Titre: Migration, frontières, exil
Auteur et autrice: Fredy Linus Bouchen et Stéphanie Garneau
Éditeur: Écosociété
Année de publication: 2026
Nombre de pages: 152 pages
ISBN: 9782898572012
Public: À partir de 15 ans
Thèmes: Capitalisme racial, frontières (contrôle), inégalités, migration, rapports Nord-Sud
Résumé
Parti du Cameroun pour trouver un travail satisfaisant et un avenir meilleur, Fredy Linus Bouchen témoigne ici de son parcours de migrant à haut risque; si lui s’en est sorti, ils sont nombreux à y laisser leur peau. En compagnie de la professeure de sociologie Stéphanie Garneau, il nous plonge dans la dure réalité de milliers de gens qui choisissent l’exil. On y décortique ainsi le régime des frontières, qu’elles soient physiques – des clôtures ou des murs toujours plus élevés – ou de papier – manière de désigner les visas –, les violences multiples qui s’y vivent, ou encore les raisons qui en poussent beaucoup à risquer leur vie pour fuir leur pays. Au fil des pages, on déconstruit aussi bon nombre de mythes et préjugés en matière de migration. Les auteurs s’attardent également au capitalisme racial, lequel maintient dans des emplois sous-valorisés les personnes migrantes et racisées. Pour clore l’ouvrage, ils proposent quelques pistes d’action comme « poser des actes quotidiens d’ouverture, d’hospitalité, de respect et de gentillesse envers les personnes migrantes » (p. 136).
Critique
Réhumaniser les personnes migrantes : voilà à quoi s’emploie cet essai tout en nous éclairant de brillante façon sur un enjeu complexe, malheureusement trop souvent récupéré par la classe politique à des fins électoralistes. Les auteurs y dénoncent vigoureusement les nombreuses atteintes à leur dignité que subissent les migrant·es. Les réalités exposées sont à glacer le sang. Et la pilule est difficile à avaler lorsqu’on apprend que nos États industrialisés maintiennent en place un système qui repose sur la présence de travailleur·euses sans papiers ou à statut migratoire précaire qui occupent des emplois désagréables, difficiles, dangereux ou dégradants (les « emplois 4D »). Cet essai, c’est aussi un plaidoyer en faveur de sociétés plus accueillantes, où les sommes colossales qui sont injectées dans le contrôle des frontières et la répression serviraient plutôt à offrir aux personnes ayant fui leur coin du monde de meilleures conditions pour assurer leur intégration.
Les notions abordées tout au long de l’ouvrage, bien que nombreuses, sont bien expliquées. Des tableaux et schémas facilitent pour leur part la compréhension des lecteur·rices. Il peut en outre s’agir d’une lecture des plus pertinentes pour aborder, par exemple, le thème des injustices sociales, qui figure dans le programme Culture et citoyenneté québécoise (CCQ) en cinquième secondaire.
Pistes pédagogiques
Découvrir des œuvres qui présentent le parcours de personnes migrantes : Seuls (Paul Tom et Mélanie Baillairgé), Olas (Maria Carla), La petite fille de Monsieur Linh (Philippe Claudel), L'odyssée d'Hakim (Fabien Toulmé), etc.
Organiser une rencontre avec une personne représentant un organisme de sa communauté qui œuvre à l’accueil des nouveaux arrivants ou encore une organisation qui défend les droits des migrant·es. La questionner sur ses motivations, les défis rencontrés dans son travail, ses souhaits pour l’avenir.
Rédiger une lettre ouverte pour dénoncer les traitements que subissent les personnes migrantes.
Auteur de l'article: François Forest






