
Capsule littéraire – Maisons des animaux du Québec
14 septembre 2026Titre: De l'or dans les fissures
Autrice et illustratrice: Katerine Martin
Éditeur: Éditions de l'Isatis
Année de publication: 2025
Nombre de pages: 48
ISBN: 9782898431890
Public: À partir de 12 ans
Thèmes: Adolescence, dépression, guérison, résilience
Résumé
Cet album jeunesse aborde la dépression à travers le regard d'une adolescente. On y suit le lent processus de dégradation de son état : la paralysie, la perte de la capacité à ressentir, la détérioration de son environnement, de ses relations, du quotidien, en une impression d'immobilité. Le temps agit comme un personnage muet, abstrait et presque imperceptible, qui accompagne ce cheminement et qui prend plus qu'une saison. Le lecteur arrive au moment où la dépression dépasse les frontières de la psyché et affecte le corps, jusqu'à ce que celui-ci dise : « Non! Ça suffit! Je ne fonctionne plus. » Des manifestations concrètes illustrent ce mal invisible : tasse cassée, plantes à l'abandon, désordre. On y découvre le poids du silence, l'aide que l'on souhaite sans le dire, et l'impact d'être accompagné dans le travail de guérison, symbolisé par la pratique japonaise du kintsugi, « un symbole de guérison et de force renouvelée. » (p.42)
Critique
Il y a une candeur dans la narration qui crée une intimité entre le lecteur et le texte. On pourrait reprocher à l'autrice de manquer de profondeur dans la façon d'aborder la dépression : les événements sont présentés de façon linéaire, on explore peu les hauts et les bas, du moins superficiellement. Mais même si on reste à la surface, cet ouvrage est empreint d'espoir, et ce qu'il raconte n'est pas faux, c'est ancré dans la réalité, dans l'expérience, surtout sur le plan corporel. « Il aurait fallu qu'on me tempère » (p.2). La prose est poétique, mais accessible, et les images sont parlantes pour un mal invisible, mal compris de toutes et de tous, même ceux qui en souffrent. « J'ai la langue fragmentaire et le verbe édenté » (p.12) Les illustrations, aux traits gras et vaporeux, aux aplats de noir, servent fidèlement le texte, mais ne semblent pas donner de valeur ajoutée importante si on se fie seulement à leur contenu. Je salue la capacité de l'autrice d'aborder, avec une certaine légèreté, tout en faisant preuve de rigueur et de sobriété, le thème de la maladie mentale. Un peu en surface, mais très pertinent, et une entrée en matière tout à fait adéquate dès la première année du secondaire.
Pistes pédagogiques
Découvrir les richesses du texte.
Relever tout au long de l'album les manifestations physiques et les manifestations psychiques de la dépression, et observer comment le temps, personnage muet et abstrait, accompagne la protagoniste dans sa lente émergence.
Relier à sa réalité.
Partager, si on le souhaite, une expérience où le corps a exprimé quelque chose que l'esprit n'arrivait pas à nommer ou à dire, et discuter de la difficulté de mettre des mots sur un mal invisible.
Échanger.
Échanger sur le poids du silence dans un épisode de dépression : pourquoi on souhaite de l'aide sans le dire, sans en connaître la cause, et comment cela affecte l'entourage. S'appuyer sur des passages de l'album pour appuyer son point de vue.
S'informer.
Approfondir ses connaissances sur la dépression chez les adolescents, sur ses manifestations corporelles, et sur le kintsugi comme pratique et comme symbole de guérison et de force renouvelée. Partager ses découvertes.
Autrice de l'article : Julie Vallée






