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Petit portrait de l’état des bibliothèques scolaires au Québec

Ce texte a été écrit en réponse à l’article paru le 19 novembre sur le site de Radio-Canada, intitulé « Vos enfants ont-ils une bibliothèque dans leur école ? » par Jean-Philippe Robillard.

Il faut cesser de se lamenter sur l’état déplorable des collections des bibliothèques scolaires. Pour la majorité, les écoles publiques du Québec ne manquent pas de livres. Règle générale, les écoles ont des bibliothèques bien garnies. Il est important de préciser que des budgets sont normalement consacrés au développement de collections depuis 2005 par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. On parle d’environ 16$ par élève par école en 2018-19. Ce montant est bonifié à près de 21$ par élève depuis l’octroi du 5 millions de dollars supplémentaire annoncé en septembre dernier, ce qui porte le budget à 20 millions de dollars. À ce chapitre, nous faisons l’envie des autres provinces canadiennes. En fait, les montants investis dans les écoles pour l’achat de livres sont tels, qu’ils sont parmi les plus hauts en Amérique du Nord. Il est cependant primordial de poursuivre l’effort entamé si l’on veut continuer à soutenir les générations de bons lecteurs en train de se former. Ce n’est pas en cinq ou dix ans que nous allons transformer la culture de la lecture au Québec, mais bien en ajustant nos efforts de façon équilibrée sur plus d’une génération.
Beaucoup d’écoles au Québec ont gardé ou retrouvé une bibliothèque centrale et dans les cas où il n’y a pas de bibliothèque centrale, il devrait y avoir des centaines de livres dans chacune des classes si, depuis les dernières années, les budgets servent bel et bien à l’achat de livres. J’ajouterais que les enfants lisent régulièrement de la littérature jeunesse de qualité, écrite par des auteurs québécois, et bien sûr des auteurs étrangers. Il y a des résultats très encourageants aux tests internationaux PISA de 2016 en lecture pour le Québec . Les efforts commencent à payer.

Il est trop tôt pour crier victoire
Ceci dit, tout n’est pas rose au royaume de la bibliothèque scolaire québécoise. En effet, le plan d’embauche des bibliothécaires prévoyait 200 nouveaux postes de bibliothécaires en 2009. Il manque aussi des techniciens et techniciennes en documentation, sans lesquelles les bibliothécaires ne peuvent travailler efficacement. Leur travail spécialisé et minutieux est essentiel pour construire et gérer les collections que nous sommes en train de construire pour le plus grand bénéfice des enfants.
Force est de constater qu’il manque au moins une centaine de bibliothécaires à l’heure actuelle. Certaines commissions scolaires n’en ont pas du tout encore à ce jour. Dans les écoles primaires, ce sont surtout des bénévoles qui œuvrent dans les milieux pour aider les quelques techniciennes en documentation à préparer les livres qu’elles ont catalogués. Car plus les budgets augmentent, plus les achats aussi et conséquemment, les livres attendent parfois longtemps avant d’être disponibles.
Souvent, les locaux de bibliothèque sont verrouillés et les lumières éteintes entre les visites des classes alors qu’une bibliothèque devrait vivre et respirer au rythme des visites, des activités de recherche, du bourdonnement et du travail en équipe des élèves.

Les carrefours d’apprentissage
Les compétences informationnelles ne se limitent pas à la lecture. Pour avoir des citoyens engagés, actifs et productifs, il faut leur apprendre à reconnaître un besoin d’information, il faut leur apprendre à chercher efficacement, discriminer l’information, l’analyser pour l’utiliser de la meilleure façon possible. Ces habiletés devraient être développées tout au long d’un cursus scolaire qui va de la maternelle à l’université, de façon graduée et cohérente.
Les fameux carrefours d’apprentissage que le milieu scolaire travaille à mettre en place sont davantage qu’une mode, c’est une philosophie d’exploitation des bibliothèques qui privilégie la recherche, la découverte, le travail de groupe, la pédagogie axée sur l’expérimentation, la littérature jeunesse, le questionnement dynamique, la co-construction des connaissances. Ces carrefours sont en voie de réalisation dans de nombreux milieux à coups de petites initiatives, par l’aménagement des lieux, la vulgarisation du concept auprès des instances décisionnelles dans les commissions scolaires. Il faut dépasser la simple utilisation du prêt et du retour qui est encore souvent l’activité principale des visites de classe en bibliothèque. Pour y arriver le gouvernement a énoncé la mesure 17 du Plan d’action numérique en éducation et en enseignement supérieur qui annonce la plateforme de téléchargement de livres numériques, mais aussi la transformation des bibliothèques en carrefour d’apprentissage. Nous avons encore besoin d’aide pour poursuivre ces efforts, consolider ce dynamisme naissant et pour véritablement faire de la bibliothèque scolaire une extension incontournable et exaltante de la classe en tant que lieu d’apprentissage.
En somme, les situations varient d’une commission scolaire à l’autre et même d’une école à l’autre tant dans la façon de gérer les collections que dans l’embauche de personnel qualifié. Nous souhaitons souligner que les bibliothécaires et techniciens et techniciennes et documentation travaillent fort pour faire valoir l’importance d’une bibliothèque d’école et de bibliothèques de classes bien pourvues, mais aussi pour en encourager l’utilisation pédagogique. Les contraintes d’espace obligent le milieu à des choix déchirants. Une meilleure planification permettra de rendre les bibliothèques et les livres à tous les élèves et à leurs professeurs, espérons-le, dans un avenir rapproché.

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