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Le Signet 2015 — Dossier Compétences informationnelles

Pourquoi un dossier sur les compétences informationnelles?
Mot de la présidente

Depuis plusieurs années, en siégeant au conseil d’administration de l’APSDS, j’entends beaucoup de commentaires sur les fameuses compétences informationnelles (CI) et nombreuses sont les interrogations des membres.

En 2008, les quelques bibliothécaires qui entrent en poste la première année du plan d’embauche font des constats plutôt déconcertants sur le terrain en discutant avec les enseignants et les professionnels. Bien sûr, il y a des projets qui se tiennent dans le réseau, et on en entend parler un peu partout. Plusieurs bibliothécaires découvrent des projets intéressants dans certaines écoles où travaillent des techniciens en documentation. De formation en formation, ces derniers font des miracles avec le peu de ressources qu’ils ont. Mais, à plusieurs occasions, j’entends que le dossier a été tabletté compte tenu de la tâche grandissante qu’on leur impose depuis plusieurs années : entre l’achat des manuels pour la réforme et les tâches supplémentaires occasionnées par les réductions d’agents de bureau, où trouvent-ils le temps de faire un travail de référence et de formation documentaire? Dès lors, des questions se posent : quel rôle une association comme la nôtre joue-t-elle pour que nos membres puissent être des acteurs importants dans le développement des compétences informationnelles? Quel rôle doit-on prendre pour qu’il y ait une concertation dans la formation donnée aux jeunes du primaire et du secondaire? Où se situe ce dossier dans le Plan d’action pour la lecture à l’école (PALE)? Comme bien d’autres tâches, qui assure la formation et l’accompagnement pour ces compétences? Bref, voici le résumé des actions menées par l’APSDS depuis quelques années et qui ne visent qu’une chose : développer un réseau de concertation autour du développement des compétences informationnelles, et ce, au niveau national.

Partons du début : en tant que bibliothécaire embauchée par le PALE, ma première préoccupation, au sein de la commission scolaire, consiste à fouiller le Programme dans son entier, pour comprendre qui sont ces enseignants avec qui je travaille. Je ne suis pas la seule bibliothécaire à faire ce travail. Nous sommes en effet plusieurs à faire la même démarche pour arriver au même constat : le programme explique clairement que les jeunes doivent apprendre, dans leur cheminement, à exploiter l’information et à développer leur jugement critique. Les compétences informationnelles, telles qu’on les nomme dans notre jargon, sont disséminées dans le Programme de formation notamment parmi les compétences transversales. Toutefois, celles-ci ont tellement mauvaise presse, qu’il est périlleux de s’aventurer dans ce dossier.

À l’APSDS, des échos du travail des membres sur le terrain se font entendre, sans pour autant connaître les actions concrètes, ni travailler sur une concertation nationale. En 2008, le PALE, bien qu’il apporte son lot de ressources humaines et matérielles, n’associe pas ou peu le travail du personnel des milieux documentaires au développement des compétences informationnelles. À l’époque, je pose donc la question : pourquoi tant d’investissement si les compétences informationnelles ne sont pas au cœur de nos tâches, de nos préoccupations? Utopiste et rêveuse que je suis, je me répète sans cesse que le gouvernement a compris que la formation et l’accompagnement des enseignants relèvent des bibliothécaires, au même titre que le conseiller pédagogique a soutenu l’implantation de la réforme, discipline par discipline. Hélas, sur le terrain, les constats sont tout autres. Je note que le travail des bibliothécaires récemment embauchés se fait davantage sur la promotion de la littérature, l’aménagement et le développement de la bibliothèque, ce qui est loin d’être une mince tâche. En restant optimiste, je me dis : « Ces tâches sont essentielles et indissociables de la formation documentaire. Ça viendra donc avec le temps ».

Toutefois, en parallèle aux actions qui se mettent en branle dans les différents milieux, l’APSDS travaille depuis le début du PALE en concertation avec le Ministère pour qu’on nous accorde cette place. Pourquoi? Parce que l’APSDS a toujours cru que les bibliothécaires sont les intervenants les plus compétents pour accompagner les enseignants dans le développement des compétences informationnelles.

Après un premier colloque en 2009 au Congrès des milieux documentaires où l’on soulevait les nombreux travaux universitaires, tant au Québec qu’en France, sur la question, l’APSDS organise une journée de réflexion pour ses membres afin de prendre le pouls des milieux. De ces journées est né un cahier de recommandation, intitulé Recommandations pour un avenir durable visant à résumer les préoccupations des membres. Nous souhaitions promouvoir les grands chantiers sur lesquels il faudrait travailler et mettre le dossier des compétences informationnelles sur le terrain des discussions entre le Ministère et le personnel en milieu documentaire. À la suite du dépôt de ces recommandations à la Direction des ressources didactiques du ministère de l’Éducation et de nombreuses discussions, nous réussissons à mettre en place un comité de travail, réunissant trois représentants ministériels, un chercheur du milieu universitaire, deux bibliothécaires et une technicienne en documentation. Quatre demi-journées de rencontre permettent non seulement de soulever les problématiques rencontrées par les acteurs sur le terrain, mais aussi d’élaborer notre vision de la bibliothéconomie scolaire. La table est mise, et notre plan de travail s’enrichit au fil des discussions au cours desquelles sont soulevés les points suivants : manque de promotion du rôle du personnel des milieux documentaires, absence de structure de partage et de concertation avec le RÉCIT et les autres partenaires, manque de soutien de la recherche universitaire sur la question des compétences informationnelles et, bien entendu, formation des utilisateurs inadéquate en matière de compétences informationnelles. Avant même d’avoir eu le temps d’élaborer un calendrier de travail et de cibler les priorités en établissant les rôles de chacun, les compressions budgétaires avaient eu raison de ce comité de travail, anéantissant tout espoir de voir naître un comité permanent sur la question par la relance des travaux en août 2014.

Parallèlement à ce comité de travail, l’APSDS dépose un mémoire au ministère de l’Éducation afin de faire valoir les constats sur le terrain et les grands enjeux de la bibliothéconomie scolaire au Québec. Parmi ces enjeux, l’APSDS demande alors au Ministère de développer une vision plus globale du rôle des bibliothécaires et des techniciens en documentation. Les recommandations se lisent comme suit :

« Au-delà de la promotion et de l’animation de la lecture, il faut faire valoir l’aspect pédagogique de la spécificité du bibliothécaire scolaire. Cette spécificité se traduit par une collaboration étroite avec les équipes pédagogiques afin de :

  • développer une didactique de la recherche d’information sur un continuum du primaire au secondaire, soit une progression des apprentissages pour les compétences informationnelles;
  • soutenir le développement de la compétence à lire des élèves;
  • structurer et organiser les bibliothèques scolaires pour en faire des lieux d’apprentissage interactif et accueillant;
  • assurer le développement des collections de qualité portant sur le Programme de formation, en collaboration avec les techniciens en documentation des différents milieux;
  • offrir des services de référence spécifique pour le milieu scolaire, virtuel et en présentiel :
    – aux enseignants pour offrir des suggestions découlant de véritables entrevues de référence impliquant des intentions pédagogiques précises;
    – aux conseillers pédagogiques et aux cadres scolaires par le biais d’un service de veille informationnelle structurée. »

Ce document a lui aussi été déposé auprès du Ministère sans toutefois relancer les travaux du comité de travail. L’APSDS ne reste toutefois pas muette pour autant sur la question et, à de nombreuses occasions, manifeste son mécontentement auprès du premier ministre. En avril 2015, le conseil d’administration demande officiellement, par un envoi au ministre de l’Éducation, François Blais, une demande de création d’un comité de concertation. Les deux recommandations se lisent comme suit :

  • Première recommandation : encadrer et soutenir la mise en place de pratiques bibliothéconomiques exemplaires dans les commissions scolaires par une meilleure coordination nationale. Nous croyons que ces pratiques viendraient soutenir les investissements et aideraient les cadres scolaires à comprendre et à favoriser le développement pédagogique des bibliothèques scolaires. Cette coordination nationale du Ministère nous semble importante pour le développement de la pratique et de la culture bibliothéconomique, notamment pour soutenir les actions en matière de développement des collections. Ce développement, une fois encadré, permettrait de maximiser les sommes investies et d’assurer une pérennité dans l’utilisation des ressources littéraires et numériques des écoles. L’APSDS se base sur les nombreuses observations faites dans le milieu anglophone tant au Québec qu’ailleurs au Canada pour formuler cette recommandation. Finalement, à l’ère où le numérique et les nouvelles technologies prennent de plus en plus de place au sein de l’école grâce à un investissement massif, il est crucial de rappeler que le personnel spécialisé en documentation peut soutenir le déploiement de ces ressources, et jouer un rôle actif et essentiel pour une plus grande réussite éducative des élèves, autant au primaire qu’au secondaire.
  • Deuxième recommandation : créer des structures de collaboration et de concertation, qu’elles soient régionales ou provinciales, pour que l’expertise disponible bénéficie à tous. Cette deuxième recommandation est étroitement liée à la première et table sur la mise en place d’une plate-forme de partage. Nous souhaitons qu’une autorité ministérielle prenne la coordination de ce comité de concertation afin que soit reconnue, dans nos milieux, l’expertise des bibliothécaires et des techniciens en documentation. Cette mesure permettrait non seulement de briser l’isolement que peut vivre le personnel en milieu documentaire, particulièrement en région éloignée, mais assurerait une concertation efficace et économique pour promouvoir des outils de référence de qualité. Ces échanges professionnels favoriseraient énormément l’essor de la bibliothéconomie scolaire québécoise, documenteraient les actions dans les milieux et apporteraient des solutions durables aux investissements faits par le ministère.

Si les compétences informationnelles ne sont plus à l’ordre du jour, nous croyons fermement que la création de ce comité apporterait de l’eau au moulin dans le dossier. La priorité de l’APSDS a toujours été claire : demander au ministère des directives claires pour les milieux pour le déploiement et la formation des compétences informationnelles.

Toujours en attente d’une réponse du ministre, nous avons tout de même recueilli pour les besoins de cette publication des modèles de déploiement des compétences informationnelles dans différents milieux. Quelques bibliothécaires ont bien voulu partager leur contenu pour le plaisir des membres, mais sachez que l’APSDS est toujours ouverte à publier du contenu sur son site, dans la section réservée aux membres. C’est donc une invitation! Il est crucial que nous documentions nos actions afin de convaincre le ministre et nos collègues que nous sommes les spécialistes du développement des compétences informationnelles.

Bonne lecture !

Marie-Hélène Charest
Présidente

Télécharger Le Signet en format PDF.

2 comments to Le Signet 2015 — Dossier Compétences informationnelles

  • Julie Brodeur

    J’aimerai en savoir d’avantage sur l’article des compétences informationnelles.

    • Marie-Josée St-Pierre

      Bonjour Julie,

      Vous devez vous connecter dans la zone des membres pour pouvoir lire Le Signet. Si vous n’avez plus les renseignements relatifs à votre compte, communiquez avec nous à apsds@apdsds.org pour les obtenir à nouveau. Merci!