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Capsule littéraire de Rachel DeRoy-Ringuette (album)


Arsenault, Isabelle. Alpha. Montréal : Éditions de la Pastèque, 2014, 56 p.

Alpha, d’Isabelle Arsenault, est basé sur l’alphabet phonétique de l’OTAN, officiel depuis 1956. L’illustratrice a utilisé ces termes codifiés internationalement, essentiels pour les services d’urgence, afin de les illustrer à sa manière. Elle y a parsemé une multitude de clins d’œil culturels et certaines illustrations proposent une variété d’interprétations.

D’abord, la classification de cet ouvrage peut provoquer une confrontation des points de vue. Est-ce un abécédaire ? Un imagier ? Un album ? Et s’il était tout cela à la fois. Une revue des définitions oriente cette réflexion.

L’abécédaire est « construit sur le principe d’une association entre la lettre à apprendre et une image, et [leur] organisation correspond à l’ordre alphabétique » (Boutevin et Richard-Principalli, 2008, p.19).

L’imagier « appren[d] à regarder, à nommer et à inventorier. L’imagier crée des liens entre une image et une lettre ou un mot, et s’organise parfois comme un abécédaire. Il suggère des rapports entre les images qui engendrent des comparaisons et des confrontations qui font parler et réfléchir » (Tsimbidy, 2008, p.111).

Les albums sont des : « ouvrages dans lesquels l’image se trouve spatialement prépondérante par rapport au texte, qui peut d’ailleurs être absent. La narration se réalise de manière articulée entre texte et images » (Van der Linden, 2007, p.24).

À la suite de la lecture de ces définitions, il est possible d’affirmer que la dominante d’Alpha est effectivement l’abécédaire puisque l’œuvre met en vedette l’alphabet phonétique de l’OTAN, mais force est de constater que la classification, ça se discute !

Un autre point d’analyse de cette œuvre est la relation entre le texte et l’image proposée par Isabelle Arsenault. La plupart des illustrations amènent les élèves à s’exprimer pour en extraire le sens. Parfois, il arrive même que le consensus ne soit pas au rendez-vous ! Par exemple, pour « Oscar » certains croient que l’illustration représente une robe du couturier Oscar de la Renta, alors que d’autres y voient la splendeur et l’élégance régnant sur le tapis rouge de la cérémonie des Oscars du cinéma (ou Academy Awards). Dans les deux cas, l’hypothèse est valable. Voilà donc ce que produit cet abécédaire, il suscite des discussions et permet d’approfondir les repères culturels, les nôtres et ceux des élèves. D’autres relations texte/images de l’abécédaire, en apparence plus équivoques, ont la qualité de ne pas offrir de représentation évidente et archétypale. Par exemple pour « Hôtel » l’illustratrice a choisi un pion du jeu de Monopoly et pour « Papa » une photo d’enfant est glissée dans un portefeuille masculin.

Une activité facile à réaliser pour les élèves, à la suite d’une discussion sur les relations texte⁄images et les choix d’Isabelle Arsenault, est d’illustrer les mêmes termes à leur manière. En effet, puisque cet alphabet existe depuis 1956 il est certainement possible encore une fois d’en multiplier les représentations! Cette activité permettra de constater comment les élèves peuvent user d’imagination pour interpréter des mots imposés. Les techniques peuvent varier, mais le collage par photomontage semble une avenue intéressante puisqu’il est accessible et près des pratiques culturelles des adolescents. De cette manière, ceux-ci pourront aisément insérer dans leur création les références qui leur sont chères.

Finalement, puisque l’univers pictural d’Isabelle Arsenault est très riche, pourquoi ne pas en profiter pour suggérer aux élèves des idées de lecture complémentaire, à exploiter en classe ou encore en lecture libre. Pour alimenter cette exploration de l’artiste, il y a, bien entendu, les deux bandes dessinées qu’elle a illustrées, dans lesquelles Fanny Britt signe les textes (Jane, le renard et moi et Louis parmi les spectres), mais aussi le récit de vie portant sur l’artiste Louise Bourgeois, écrit par Amy Novesky (Une berceuse en chiffons. La vie tissée de Louise Bourgeois), tous publiés aux éditions de la Pastèque.

Références :
Boutevin, Christine et Patricia Richard-Principalli, Dictionnaire de la littérature de jeunesse, Paris: Magnard-Vuibert, 2008

Tsimbidy, Myriam, Enseigner la littérature de jeunesse, Toulouse : Presses universitaires du Mirail, 2008

Van der Linden, Sophie, Lire l’album, Le-Puy-en-Velay: L’atelier du poisson soluble, 2007

 

Rachel DeRoy-Ringuette
Collaboratrice au site Livres ouverts, MEES

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