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Capsule littéraire de Rachel DeRoy-Ringuette (album)

Rovere, Maxime (d’après Robert Louis Stevenson) et Sébastien Mourrain (ill.). Docteur Jekyll et Mister Hyde. Toulouse : Milan, 2015, 56 p.

Utterson, le notaire du docteur Jekyll, s’inquiète lorsque ce dernier lui remet ses intentions testamentaires. Il désire laisser ses avoirs à M. Hyde, un homme mystérieux qui, aux dires de plusieurs, présente un comportement étrange. Au fil de l’histoire, le notaire tente de découvrir l’identité de l’héritier désigné. Le résultat de son enquête, à la suite de la mort du docteur, est saisissant.

Pour débuter, une exploitation en classe de français au secondaire de cet album s’avère intéressante pour discuter du paratexte avec les élèves, notamment l’analyse de la première de couverture qui présente un papillon, symbole de la transformation.  Ce papillon est doté d’une double apparence et la quatrième de couverture, également ornée de papillons, affiche la phrase suivante : « L’être humain est double ». À elle seule, cette phrase cerne le propos de l’histoire de Stevenson, soit la dualité de l’âme humaine.

Ensuite, l’album permet d’aborder la question des adaptations de textes classiques et de faire quelques des constats intéressants à ce propos, et ce même si l’adaptation proposée par Maxime Rovere, illustrée par Sébastien Mourrain, respecte l’esprit, l’ambiance et le niveau de la langue soutenu du roman de Robert Louis Stevenson, datant de 1886.

En guise d’analyse, il faut d’abord noter que plusieurs descriptions ont été retranchées. À titre d’exemple, un chapitre du texte original a été  réduit à quelques pages d’album, influençant ainsi le rythme du texte. De même, malgré le fait que la chronologie des événements ait été respectée, les huit premiers chapitres du roman sont, dans l’album, réunis sous l’intitulé : « Une étrange affaire ». Par ailleurs,  Rovere a su respecter le niveau de la langue, tout en abrégeant le texte et en réaménageant la ponctuation, modifiant également, par ces procédés, le rythme du texte. Aussi, il faut noter que certaines références religieuses ont été omises dans l’adaptation, probablement dans le but d’actualiser le contenu et être en phase avec le lectorat contemporain.

Comme Aulanier (2013) l’indique, « [l]e procédé d’adaptation peut être considéré comme la transposition d’un texte d’une forme littéraire vers une autre » (p.10) et il est intéressant en classe d’observer comment les adaptateurs s’y prennent pour « raconter la même histoire à travers un nouveau support » (p.12). Ainsi, un enseignant de deuxième cycle du secondaire qui souhaite travailler les procédés d’adaptation, tel que suggéré dans la progression des apprentissages en français, aurait avantage à utiliser cet album. Grâce aux  chapitres courts de l’œuvre originale, il est réaliste de regrouper les élèves en équipe de deux et de leur proposer de lire en parallèle l’œuvre originale et son adaptation. Pour aider les élèves à cerner les procédés utilisés, il est à propos de leur fournir un tableau comparatif pour consigner leurs observations et leurs questions, comme : « Est-ce que tous les personnages sont présents dans l’adaptation? », « Le vocabulaire, la ponctuation, les verbes, etc. sont-ils similaires? », « Les illustrations ajoutent-elles de nouveaux éléments? », etc.

À la suite de ces observations, des questions plus générales sur le procédé d’adaptation peuvent compléter la réflexion, par exemple : « En quoi une adaptation peut-elle enrichir la compréhension, l’interprétation et l’appréciation d’une œuvre classique? » ou encore « Pourquoi adapte-t-on des œuvres classiques? ». Afin de prolonger l’activité de lecture comparative, un débat à l’oral portant sur l’intérêt de lire des adaptations plutôt que des œuvres originales, et vice versa, serait de mise, tout comme une situation d’écriture où les élèves auraient à se prêter à l’exercice d’adapter un extrait d’une œuvre classique de leur choix. Finalement, l’écoute du film de Victor Flemming, datant de 1941, permettrait d’analyser un autre type d’adaptation.

C’est donc dire que la lecture de cet album, avec un ensemble d’activités, permet de traiter la lecture, la communication orale (production et écoute) ainsi que l’écriture.

Finalement, cet album propose une riche piste d’exploitation interdisciplinaire, surtout à la fin lorsque le docteur Jekyll expose sa version des faits. Ainsi, il pourrait être utilisé dans son ensemble en français et, pour le chapitre final, être lié au cours d’éthique et culture religieuse (ÉCR). En effet, au second cycle du secondaire, le thème de l’ambivalence de l’être humain est au programme. Dès lors, l’enseignant d’ÉCR pourrait guider les élèves en les invitant à la pratique du dialogue autour de la piste suivante : « Échanger sur les notions du bien et du mal, tout comme sur l’influence des principes moraux dans la formation de la personnalité ».

Autres références:
Aulanier, Adèle. Adaptations en bande dessinée d’œuvres classiques de la littérature jeunesse : un outil pour l’enseignement au cycle 3. Mémoire de Master 2. Université de Toulouse. Éducation. 2013, repéré à : https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00908780/document

Stevenson, Robert Louis. L’étrange cas du Dr Jekyll et de M.  Hyde. [Paris] : Gallimard jeunesse, 2009, 144 p.

 

Rachel DeRoy-Ringuette
Collaboratrice au site Livres ouverts, MEES

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