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Capsule littéraire de Brigitte Sirois (roman)

sam
Bienvenu, Sophie. Chercher Sam. Québec: Le Cheval d’août, 2014. 169 p.

Clientèle ciblée: Élèves du secondaire

Résumé: Mathieu, accompagné de sa chienne Sam, vit dans la rue. Sa vie est bouleversée lorsque celui-ci perd sa fidèle partenaire. En partant à sa recherche, il pose un regard sur son passé qui l’a conduit à l’itinérance.

Critique: Voici comment Mathieu, le protagoniste, résumerait le livre : « c’est l’histoire d’un weirdo guy qui vit dans la fucking de rue avec sa chienne. Quand il la perd, sa fucking de shit de vie vient de buster. Pendant qu’il cherche Sam, sa chienne, il rewind dans sa tête toutes sortes d’osties d’affaires trash. Il pense au kid, aux blondes qu’il a fourrées, et à ses fucking de parents qui l’ont fait chier. »

L’auteure, dans un étonnant désir de réalisme, emploie le langage de la rue, le joual de Montréal plus précisément, puisque truffé à ras-bord d’anglicismes (non-non, je sais, je ne suis pas une spécialiste linguiste, de notre Montréal de surcroît). C’est donc à vous lecteurs de marquer tout de suite vos préférences pour une littérature plantée dans le bitume frette montréalais de fin d’octobre.

Toutefois, le style langagier n’empêche nullement l’intelligence du récit. De très bonnes réflexions se dégagent de ce roman tels la condition d’itinérance : « [les itinérants] … tu peux jamais, jamais, jamais les toucher. Parce que t’as beaucoup trop peur que notre misère s’attrape », p.9 ; la fuite d’une douleur indicible : « je sais que devoir survivre au-dehors, c’est ce qui me fait survivre en dedans », p.17 et la perte de l’inconcevable : « pis là, je file comme si mon mieux, il était mort avec toi », p.158. Sam réconforte et contribue à l’équilibre de Mathieu qui lutte seul et esseulé, dans son combat de vivre au quotidien : « c’est apaisant, un cœur qui bat sous ta main. Même si c’est rien qu’un cœur de chien », p.32. Il a beau paraître tough, mais Mathieu a la sensibilité à fleur de peau « mon corps s’est rempli de larmes, je me noyais dedans », p.53.

À travers son odyssée, Mathieu comprend son abandon à la vie civile, depuis son enfance à l’âge adulte, et se réconcilie avec la personne qu’il a vainement méprisée : lui-même.

Bref, un bon condensé littéraire de 169 pages, concis, équilibré et punché!

Note: p.35, il est question du poème de Rimbaud « Le Dormeur du val ». Espérons que, lors d’une réimpression, celui-ci sera ajouté en annexe. L’auteure insère le poème dans un grand moment de tension familiale. Succulent.

-Brigitte Sirois
Technicienne en documentation

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