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TIC, TIC, TIC, la bibliothèque scolaire numérique: Résultat d’une consultation sur le livre numérique

Article écrit par Lyne Rajotte, bibliothécaire, Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles.

Besoin des milieux et développement en cours

L’acquisition légale de littérature jeunesse en format numérique est difficile pour toutes les écoles du Québec et nous sommes plusieurs à souhaiter une voie d’acquisition simplifiée et rapide. À l’heure actuelle, il est quasi-impossible de réussir à acheter légalement des livres numériques dans les écoles primaires et secondaires du Québec. Pour preuve, les sites transactionnels de deux de nos grandes librairies de la province, Renaud-Bray et Archambault, ne permettent pas la vente institutionnelle au milieu scolaire (1). Tant qu’une entente ne sera pas négociée avec les illustrateurs, les auteurs, les éditeurs, les libraires et tout autre joueur du milieu du livre, nos élèves accèderont à de la littérature jeunesse sous forme numérique hors de nos murs.

Pourtant, les bibliothèques scolaires du Québec ont la chance unique d’accueillir 100 % de leur clientèle potentielle qui est à 100% captive, ce qui veut dire que tous les élèves du Québec doivent fréquenter une école, lire et fréquenter leur bibliothèque scolaire. Malgré cette enviable position, les bibliothèques scolaires du Québec sont à la remorque de leurs vis-à-vis municipale, collégiale et universitaire sur l’offre en livres numériques. Une situation choquante et difficile à vivre au quotidien.

Ainsi, le grand défi est de mettre fin à une forme de fracture numérique qui se creuse entre la réalité des élèves à l’école et hors de ses murs. Nos écoles doivent pouvoir acquérir de la littérature jeunesse sous forme numérique de manière institutionnelle, c’est-à-dire avec un filigrane (quand il y en a un), une facture au nom de l’école et par le biais d’une librairie autorisant une vente numérique autre que pour un usage privé. Ça semble si simple!

Avant de poursuivre, spécifions que le milieu scolaire doit vivre avec un grand absent dans le dossier, soit le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) et son inestimable leadership. Il est inusité qu’un dossier de cette importance soit piloté par une poignée de bibliothécaires et de gestionnaires, mais le MELS ne l’a toujours pas pris en charge, c’est ainsi! Je reste persuadée que d’ici peu, le MELS prendra la responsabilité qui lui revient, bénéficiant du travail de défrichage accompli par tous.

Le début de mes démarches afin d’acquérir du livre numérique remonte à mars 2012. Une fois que j’ai eu compris qu’il n’y avait pas de moyens légaux pour en acheter, j’ai entrepris des démarches pour tenter d’y arriver. Tout d’abord, il m’a fallu essayer d’identifier tous les acteurs avec qui négocier et arriver à déterminer un ordre dans les actions à prendre. Ma prémisse de départ ne comprenait que les éditeurs, les libraires et la commission scolaire. Pendant presque un an, il m’a semblé être dans une roue tournante où toujours il aurait fallu que je parle à X «avant» ou que je parle à Y «après», mais chose certaine il manquait toujours de l’information à ma conversation. À la longue, les difficultés m’ont fait comprendre qu’il n’y aurait pas qu’une seule entente, mais plusieurs. J’ai aussi compris qu’il n’y avait pas que trois acteurs comme je le concevais au départ et il m’a semblé nécessaire d’ajouter les illustrateurs, les auteurs, la GRICS, De Marque, éventuellement le MELS et, peut-être bien, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Ouf! Sur certains fronts les discussions sont bien avancées, sur d’autres rien n’est débuté.

C’est en septembre 2013 que la première vraie percée a eu lieu. Par la voie d’un lac-à-l’épaule organisé par les Librairies indépendantes du Québec (LIQ), une ouverture s’est faite, du moins avec ce partenaire, afin que des discussions officielles s’amorcent. Plus d’une année de pression amicale et de harcèlement sympathique arrivait à terme.

Afin de bien me préparer à une rencontre qui se tiendrait au cours de l’automne, un appel à tous a été lancé aux bibliothécaires membres du groupe Google BiblioOct2009 pour qu’ils participent à un document interactif. L’appel à tous visait à connaître plus largement les besoins du milieu scolaire, me questionnant sur l’universalité des besoins relevés dans notre commission scolaire (CS) et la projection de développement que nous envisagions: est-ce que les milieux des collègues ont les mêmes besoins que le nôtre? Est-ce que les collègues arrivent à bien identifier leurs besoins? Est-ce que nous avons tous le même regard sur la situation? Est-ce qu’une CS serait arrivée à une solution sans que nous soyons au courant? Etc.

Dans le document interactif, la première partie se présente en un tableau à deux colonnes contenant des assertions de départ ayant pour thème les besoins du milieu scolaire. Le but était d’alimenter la discussion et de s’assurer qu’un maximum de points soit abordé, tentant de faire le tour de la question. Les collègues étaient invités à poser des questions et faire des affirmations dans la colonne de gauche et l’espace de droite était réservé aux commentaires, à la discussion.

En deuxième partie, le document souhaitait réunir la description du développement actuel des acquisitions numériques dans les CS et les difficultés rencontrées. Il a été demandé aux bibliothécaires de raconter leur expérience. Le présent article ne tient pas compte de cette deuxième partie.

Voici le résultat de cette généreuse contribution à laquelle ont participé des bibliothécaires de 20 commissions scolaires et de 2 écoles secondaires privées.

Les besoins des milieux

Clientèle – Qui sont nos usagers?

L’affirmation imposée au départ statuait que nous avions deux clients distincts aux besoins dissemblables, l’élève et l’enseignant. L’apport des collègues a clairement démontré que notre clientèle est plus nuancée que cela. Nous avons d’abord à différencier nos deux ordres d’enseignement, le primaire et le secondaire. Ensuite, nous avons une clientèle adulte qui comprend les enseignants, mais aussi toute la gamme de professionnels (conseiller pédagogique, bibliothécaire, psychologue, etc.). Chez l’élève, nous avons à distinguer la clientèle régulière et la clientèle handicapée ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA). Ainsi, selon la clientèle, les besoins diffèrent, donc influent sur la circulation des documents: les emprunts par les élèves et par les enseignants, l’emprunt de type collectif et l’emprunt de type individuel.

Les besoins en lecture numérique

À mon sens, ce point a été le plus intéressant à voir évoluer au gré des participations. Savoir, ressentir, être certaine que les besoins en milieu scolaire diffèrent du milieu des bibliothèques publiques et arriver à formuler le tout clairement était un défi que je relevais difficilement. L’apport pertinent des collègues et la richesse des contributions étaient passionnants à suivre.

Il se dégage que dans nos milieux nous avons à servir des besoins en lecture de type autonome et ceux à caractère pédagogique. La lecture autonome est facile à comprendre et à mettre en oeuvre: notre usager emprunte le livre qu’il désire, au moment qu’il le souhaite et le lit (ou non) sans devoir rendre compte de sa lecture à personne. Son emprunt est libre. La lecture à caractère pédagogique nous diffère totalement du milieu municipal et représente le pain et le beurre du milieu scolaire: l’élève doit apprendre à lire et à devenir un lecteur autonome. Pour ce faire, toute l’année scolaire est ponctuée par des centaines d’actions mises en place par l’enseignant menant à cet apprentissage et à cette autonomie chez l’élève.

Tout d’abord, considérons les lieux de lecture. Notre élève doit pouvoir accéder à son livre numérique en plusieurs endroits: dans la classe, dans la bibliothèque, dans le local informatique, à la maison, au service de garde, etc. Contrairement à l’adulte, il aura à utiliser un grand nombre d’outils de lecture différents au cours de la journée et peu de ceux-ci lui appartiennent en propre.

Ensuite, le temps d’emprunt. Selon l’usage du livre que doit en faire notre clientèle, le temps d’emprunt diffère grandement. D’un côté, l’élève fera de la lecture autonome. Pour le primaire, par exemple, l’emprunt d’un à deux livres par semaine est un usage fréquent. Dans un deuxième temps, l’élève doit faire de la lecture dans le cadre de ses apprentissages en classe. Il aura à emprunter un livre pour une plus longue période et la réservation du titre par un pair avant la fin de son projet pourrait être contraignante.

Concernant l’enseignant, dans le cadre d’un projet il peut désirer retenir un ou des titres pour une date déterminée dans l’année scolaire, empêchant tout emprunt avant ce moment. Aussi, un ensemble de livres répondant à un élément spécifique du Programme de formation de l’école québécoise (PFEQ), par exemple le thème de la Nouvelle-France, pourrait nécessiter des emprunts et des retours journaliers entre les élèves et les classes durant une période déterminée, plus ou moins longue. Ensuite, le phénomène de la série-classe où tous lisent le même titre en même temps à un moment précis durant un temps déterminé. Au secondaire, cette situation est souvent complexe à mettre en œuvre parce que l’enseignant a plus d’un groupe où il dispense le même enseignement, au même moment. Les besoins du cercle de lecture exigent les mêmes flexibilités d’emprunt que pour la série-classe.

Ainsi, que l’on soit enseignant ou élève, la période d’emprunt peut aller de quelques heures à plusieurs semaines. Malheureusement, selon l’objectif poursuivi et le projet en cours, l’emprunt de certains titres sera artificiellement gonflé au détriment d’autres. La lecture pédagogique se décline à l’infini grâce à la multiplicité des projets. Le souhait des techniciens en documentation et des bibliothécaires est que le livre jeunesse soit au coeur de la planification de l’enseignant et le format numérique vient faciliter cette intégration.

Finalement, de façon éparse, certains collègues ont relevé différents besoins à considérer:

  • Une plate-forme permettant aux enseignants de suivre le répertoire de lecture de leurs élèves;
  • Lecture à l’aide d’outils technologiques (TNI, liseuse, tablette, etc.) favorisant, entre autres, le traitement de texte et l’annotation;
  • Une offre en documentation professionnelle et en matériel didactique;
  • La possibilité à l’enseignant et au professionnel de pouvoir explorer les livres pour cibler les meilleurs titres selon des besoins particuliers;
  • Pouvoir projeter les livres numériques sur le tableau numérique interactif (TNI);
  • Que le format des livres permette l’usage d’un logiciel de synthèse vocale par un élève HDAA, par exemple.

Achat ou prêt?

Comme rien n’est encore offert pour le milieu scolaire et que tout est à construire, nous pouvons nous questionner très librement et sans contrainte. Il semble exister deux voies de développement (2):

  1. Achat (c’est-à-dire qu’il y a pérennité des acquisitions)
  2. Voulons-nous acheter nos livres numériques comme le font actuellement les particuliers, être «propriétaire» de ces fichiers et en gérer l’emprunt comme bon nous semble? Si nous retenons cette voie, nous devons parallèlement développer des modalités sans faille permettant le paiement des ayants droits auprès des illustrateurs, auteurs et éditeurs;

  3. Prêt (c’est-à-dire que nos acquisitions ont une durée limitée, soit par un nombre de prêts ou par une limite de temps)
  4. Désirons-nous offrir du livre numérique à nos usagers sous forme de prêt à la manière de BAnQ et des bibliothèques publiques? D’entrée de jeu, cette voie semble plus facile à suivre puisque les sillons ont été tracés par nos collègues des autres milieux, mais cela ne signifie pas que c’est une voie qui est facile à implanter en milieu scolaire et qui peut se reproduire à l’identique.

Qu’importe où notre réflexion nous mène, les bases de celle-ci doivent inclure les impératifs suivants:

  • Notre milieu veut offrir du livre numérique dans un cadre légal;
  • Nous voulons payer tous les droits associés à nos achats;
  • Nous voulons contrer le piratage des fichiers;
  • La voie en place doit mettre fin aux mauvaises pratiques ayant présentement cours dans les écoles (3).

En octobre 2013, au moment de la consultation, les discussions et réflexions autour de la meilleure voie de développement à instaurer en milieu scolaire étaient à leurs premiers balbutiements. Les contributions au document collaboratif ne permettaient pas de dégager de lignes directrices, tout au plus avons-nous pu énumérer les éléments positifs et négatifs de chacune des voies. Plusieurs mois se sont écoulés depuis, certaines réponses à nos questions sont apparues, des perceptions erronées furent rectifiées, des espérances éteintes, etc.

Pour faire honneur à nos premières démarches dans ce dossier, je tiens à partager l’arrêt sur image que l’énumération ci-dessous nous renvoie. Voici le résultat de la collaboration de tous:

Univers « achat »

  • (+) Nous sommes propriétaires du livre acheté;
  • (+) Si licence multi-utilisateur, l’utilisation simultanée est possible;
  • (+) Centralisation des achats (si dépôt sur un portail);
  • (+) Pas de traitement matériel ni de réparation;
  • (+) Possibilité d’acheter aussi des titres anglais.
  • (-) Facilité de piratage (copie illégale);
  • (-) Où déposer ces achats dans nos CS? La clé USB est insatisfaisante;
  • (-) Manque d’uniformité chez les éditeurs (acquisition et utilisation);
  • (-) Pas d’indication claire quant aux usages autorisés (individuels/institutionnels);
  • (-) Offre limitée, peu de titres en version numérique;
  • (-) Peu de documentaires;
  • (-) Le type de PDF n’est pas spécifié (on sait si le PDF est ROC (reconnaissance optique de caractères) qu’en le testant);
  • (-) Pas d’uniformité dans le fonctionnement;
  • (-) Deux taxes sur le livre numérique;
  • (-) Pas d’information sur le type de fichier et son support optimal;
  • (-) Un éditeur offre parfois une même série en différents formats;
  • (-) Les achats semblent impossibles à migrer. Comment faire passer une acquisition déposée dans un univers vers un autre? (Sony, Kobo, Mac, etc.);
  • (-) Contrôle serré et sécurisé quasi impossible.

Univers « prêt »

  • (+) Permet l’expérimentation et évite de mauvais achats;
  • (+) Pas de frais de retard. Gestion automatique;
  • (+) Accès au livre en tout temps, pas seulement à la période hebdomadaire de bibliothèque attitrée;
  • (+) Pas de gestion de livres perdus ou abîmés;
  • (+) Les livres qui nous seront offerts seront automatiquement autorisés en milieu scolaire. Pas de négociation titre par titre;
  • (+) Si sans frais d’hébergement ou que ceux-ci sont «raisonnables»;
  • (+) S’il y a une assurance dans la pérennité de la plateforme d’hébergement;
  • (+) Si on peut utiliser nos droits de prêt de manière simultanée;
  • (+) Si on peut se procurer un livre associé à un bouquet d’emprunt;
  • (+) Le processus de réservation est rapide et non arbitraire;
  • (+) Mise en commun de tous les titres à travers les catalogues collectifs (?);
  • (+) Pour les CS avec GRICS, souhaitons un accès direct via le catalogue;
  • (+) Pour les CS sans catalogue de GRICS, l’accès par une plateforme externe est nécessaire (FGB/Plurilogic, Coba, etc.);
  • (+) Permettrait le développement de licences annuelles pour les manuels scolaires… si les élèves ont un appareil personnel, évidemment!
  • (+) Ressources en ligne de titres anglais.
  • (-) Plateforme à la GRICS pas prête (à notre connaissance);
  • (-) L’accès à une plateforme extérieure au catalogue est complexe, surtout lors de la première utilisation. Notre clientèle est jeune et nécessitera beaucoup d’accompagnement;
  • (-) La clientèle jeunesse en milieu municipal (emprunt numérique) est très marginale. Peu de jeunes seront des usagés déjà formés;
  • (-) Si les frais d’hébergement sont exorbitants;
  • (-) Si nous n’accédons plus à nos acquisitions de manière brutale;
  • (-) Si on nous offre un service du type une licence = un prêt;
  • (-) Crainte que l’offre reste mince;
  • (-) Acquisition d’une licence nous donnant un droit de prêt, le livre ne nous appartient jamais.

Enfin, pour clore ce point je désire exprimer un commentaire personnel. J’estime que la difficulté que nous avons à déterminer une voie de développement ne provient pas uniquement du milieu scolaire, mais aussi du milieu du livre: on doit clairement nous dire ce qu’est un livre numérique! Banalité, question idiote? Pas du tout! Toute l’actualité entourant la Commission de la culture et de l’éducation sur la Règlementation du prix de vente au public des livres neufs imprimés et numériques qui a eu lieu en août et septembre 2013, montrait majoritairement que le livre était un bien ou un produit culturel à part. On ne définissait pas différemment le livre imprimé de sa version numérique. Si c’est le cas, nous pouvons espérer acheter et utiliser les livres numériques comme nous le faisons dans l’univers imprimé. Pourtant, toutes les discussions qui ont cours depuis l’automne dernier avec les acteurs hors commission scolaire supposent que le livre numérique n’est pas un bien ou un produit culturel, mais plutôt un service. C’est un point de vue qui est répandu, en voici un exemple:

“If treating ebooks like physical books is beginning to feel a bit like trying to push a square peg through a round hole, that feeling is confirmed by the the letter of the law. In a legal sense ebooks aren’t goods. That’s why the right of first sale-doctrine doesn’t apply to them, which in plain English means that you can’t do what you want with an ebook just because you payed for it. Instead ebooks are considered services, and services are licensed on terms that need to be negotiated between the licensor and the licensee. » (4)

Ce manque de clarté pour le marché québécois empêche les discussions fructueuses et la cohérence dans notre recherche d’une voie de développement. Quand les acteurs du milieu du livre auront défini clairement ce qu’est un livre numérique, nous pourrons mieux cerner la voie à suivre.

Opinion sur le Digital Right Management (DRM)

Dans le document collaboratif, les collègues étaient questionnés sur la question des verrous numériques, le DRM d’Adobe en particulier. Ce dernier est celui choisi et mis sur les livres offerts en prêt par BAnQ et les bibliothèques publiques. Aucune solution n’émerge de la consultation, si ce n’est que nous sommes tous d’accord qu’il faut se prémunir de la copie illégale.

Nous avons relevé que l’avantage premier du DRM d’Adobe est qu’il décourage/empêche le piratage. Le second avantage est qu’Adobe est le seul à offrir la chronodégradabilité (la compagnie est créatrice et le seul fournisseur) des documents empruntés, c’est-à-dire que le fichier numérique est accessible à un usager pendant un nombre limité de jours et qu’il devient illisible par la suite pour cet emprunteur. Enfin, Adobe offre un verrou numérique fonctionnant sur tous les types d’appareils.

Les éléments négatifs, quant à eux, étaient nombreux:

  • (-) Contraignants;
  • (-) Personne n’aime, une autre voie sécurisée s’offre-t-elle?
  • (-) Coût prohibitif d’ADOBE pour de la littérature jeunesse (10¢/prêt);
  • (-) La majorité de nos élèves n’ont pas l’âge requis pour avoir un ID Number d’ADOBE (13 ans et plus);
  • (-) Gestion de la facturation qui peut être difficile: facture école ou facture CS? Aussi, comment faire accepter à nos gestionnaires une facture arrivant deux fois par année dont le montant est complètement imprévisible?
  • (-) Cet argent s’en va directement aux États-Unis, rien ne reste au Québec.

Type de fichiers

Il y a eu peu de commentaires, mais nous avons au moins une voix affirmée pour le format ePub.

Supports de lecture

Les interventions au document collaboratif montrent qu’unanimement nous ne souhaitons pas en privilégier. Nous souhaitons que nos usagers puissent accéder à leurs emprunts numériques sur les appareils de l’école et leurs appareils personnels. Que les documents numériques puissent s’emprunter et se lire via un TNI, une liseuse, une tablette, un portable, un téléphone intelligent, un poste fixe ou toute autre percée technologique à venir.

Nous devrons coexister avec les environnements supportés par nos services informatiques respectifs et avec les environnements existants chez nos élèves. Dans le système scolaire québécois, le TNI est la seule variable commune et incontournable puisqu’il est prévu qu’en juin 2016 toutes les classes du Québec soient équipées d’un tel appareil. Pour le reste, tout est possible! Plusieurs d’entre nous auront à développer autour de la pratique BYOD (bring your own device) qui permettra à l’ensemble de la communauté d’apporter leurs appareils personnels à l’école. La mise en place d’une telle pratique apporte son lot de questions légales et de défis en formation.

Rencontre du 30 octobre 2013

À l’origine, cette consultation se faisait en vue d’une réunion exploratoire entre des bibliothécaires scolaires et des libraires. Nous avons lancé plusieurs invitations supplémentaires afin d’enrichir la rencontre, dans le but d’implanter et de faciliter l’acquisition de livres numériques en milieu scolaire. Pour cette première rencontre, notre souci premier n’était pas le contenu à offrir, mais les aspects techniques à mettre en place entre tous les joueurs. La rencontre s’est tenue dans les locaux de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), le 30 octobre 2013 de 9 h à midi. Les gens présents étaient:

  • Serge Poulin (libraire et président de l’ALQ)
  • Luc Lavoie (libraire et vice-président de l’ALQ)
  • Yves Guillet (libraire et président des LIQ)
  • Dominique Lemieux (DG des LIQ)
  • Clément Laberge (De Marque)
  • Daniel Germain (MELS, N.B. en tant qu’observateur)
  • Julian Taylor (bibliothécaire et MELS, N.B. en tant qu’observateur)
  • Pierre Drouin (Grics)
  • Élaine Julien (Grics)
  • Nathalie Tremblay (Grics)
  • Brigitte Moreau (bibliothécaire, CSPI)
  • Marilyne Côté (bibliothécaire, CSDM)
  • Karl Mauboussin (bibliothécaire, CSDM)
  • Lyne Rajotte (bibliothécaire, CSSMI)

Essentiellement (5), il est ressorti qu’il y avait un besoin d’automatiser la vente et le prêt de livres numériques. Pour le moment, beaucoup de demandes ponctuelles sont faites à Rue des libraires et la gestion des demandes est entièrement manuelle. Il a été relevé que le défi n’est pas technique, mais bien légal. On doit pouvoir arriver à encadrer la pratique au niveau des droits et avoir une vision générale du fonctionnement avec, probablement, un contrat-cadre et des ententes particulières. Des échanges ont concerné les verrous numériques, dont le DRM d’Adobe:

« Il existe des alternatives au verrou numérique « User ID » d’Adobe, qui nécessite la création d’un compte par chaque usager. Parmi celles-ci, nous avons évoqué l’approche « Vendor ID », toujours d’Adobe, qui ne requiert pas cette identification personnelle. Elle comporte certains inconvénients (et des coûts d’implantation qui restent à évaluer), mais permettrait vraisemblablement un fonctionnement mieux adapté à la réalité scolaire. Le consortium Readium travaille d’autre part sur le projet LCP (Lightweight Content Protection), qui doit éventuellement offrir de véritables alternatives aux verrous numériques d’Adobe, mais les résultats de ce projet ne sont pas attendus à court terme.» (6)

Enfin, il a été conseillé aux bibliothécaires scolaires de s’organiser afin de cibler une ou deux priorités dans nos besoins, d’exprimer le tout le plus simplement possible et de façon stratégique.

En guise de conclusion

Cette consultation a permis de collectivement et exhaustivement nommer les besoins du milieu scolaire et d’entrevoir les visions différentes que nous avions sur le développement numérique à venir dans chacun de nos milieux. Ce constat a été aidant pour la rencontre du 30 octobre 2013, mais paralysant pour la suite des événements: comment concilier tout ça?

Après la rencontre du 30 octobre, ma gestionnaire s’est activement impliquée dans le dossier facilitant ainsi toutes les démarches à exécuter dans la commission scolaire. Chez nous, l’élément gagnant pour l’avancement de ce dossier est le Comité des ressources numériques qui est composé comme suit:

  • Une conseillère pédagogique du STI;
  • Un gestionnaire du STI;
  • Une bibliothécaire du SFGJ;
  • Une gestionnaire du SFGJ.

Se rajoutent pour des points spécifiques:

  • La directrice du STI;
  • Une avocate de la DACC.

Dès l’instant où le dossier du livre numérique a été l’affaire de plus d’une personne et de trois services, il a fallu harmoniser notre vision à tous. Notre voie de développement doit bien encadrer l’arrivée du livre numérique de littérature jeunesse, mais aussi être cohérente avec l’arrivée prochaine des manuels scolaires numériques. La chaîne d’acquisition et de prêt doit être légalement impeccable et notre cadre financier rigoureusement respecté. Le Service des technologies de l’information a une vision d’avenir du développement de tout l’univers informatique de la CS et nous devons respecter les paramètres qui nous sont soumis.

L’action la plus importante qui a été faite après le 30 octobre est la première rencontre avec le directeur général et le président du conseil d’administration de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) en décembre 2013. Cette rencontre nous a permis d’expliquer l’utilisation des livres en milieu scolaire, les besoins que nous avions et les difficultés rencontrées. En retour, les craintes qu’avaient les illustrateurs, écrivains et éditeurs nous ont été expliquées. Même si nous avons pu soumettre une proposition de développement à long terme, nos énergies se sont concentrées sur la mise en place d’un projet pilote de six mois orchestré par la GRICS et son catalogue REGARD. Afin que toutes les parties puissent expérimenter l’arrivée du livre numérique en milieu scolaire sans que les conditions déjà acceptées par les éditeurs aient à être renégociées, nous avons accepté de vivre le projet pilote sous les mêmes conditions que BAnQ et les bibliothèques publiques à l’exception du prêt simultané. Nous désirons dès le projet pilote pouvoir expérimenter le prêt simultané, ce qui signifie que le nombre de prêts associés à un fichier numérique peut s’écouler de façon concomitante et non pas consécutivement seulement (nous pourrions avoir d’un seul coup 55 emprunteurs d’un même livre pour trois semaines). Aussi, nous acceptons d’expérimenter avec un minimum de trois éditeurs dans la sélection de six que nous avions soumis. À ce jour, toutes nos énergies sont concentrées sur la mise en place de ce projet pilote à venir. Au moment d’écrire ces lignes (avril 2014), l’ensemble des acteurs accepte les conditions du projet, il ne reste qu’à libeller légalement les ententes entre nous tous.

Mais après ce projet pilote, que se passera-t-il?

Remerciements

Je tiens à remercier chaleureusement Marie-Pascale Morin, gestionnaire du groupe Google BiblioOct2009, qui, pour rendre disponible le document interactif à l’ensemble des abonnés du groupe, a dû entrer une centaine d’adresses courriel, une à une, dans un délai très court.

Je tiens à remercier chaleureusement les collègues de vingt commissions scolaires et de deux écoles secondaires privées qui ont participé au document interactif. Ce portrait profite à tous.

Écoles:

  • Marie-Clarac, École (secondaire_privée)
  • Sainte-Anne de Lachine, Collège (secondaire_privée)

Commissions scolaires:

  • Affluents, CS des (École JBM_secondaire)
  • Chênes, CS des
  • De La Jonquière, CS
  • Draveurs, CS des
  • English-Montreal, CS
  • Grandes-Seigneuries, CS des
  • Hautes-Rivières, CS des
  • Kamouraska-Rivière-du-Loup, CS de
  • Laurentides, CS des
  • Marie-Victorin, CS
  • Montréal, CS de
  • Patriotes, CS des
  • Phares, CS des
  • Pointe-de-l’Île, CS de la
  • Rivière-du-Nord, CS de la
  • Saint-Hyacinthe, CS de
  • Seigneurie-des-Mille-Îles, CS de la
  • Trois-Lacs, CS des
  • Val-des-Cerfs, CS du
  • Vallée-des-Tisserands, CS de la

(1) Par exemple, le libellé juridique lors d’un achat de livre numérique via le site transactionnel de Renaud Bray stipule « (…), l’achat de fichier numérique est réservé à un usage personnel, privé et gratuit. Toute reproduction, autre que celle autorisée pour le téléchargement, adaptation, usage collectif, revente ou louage est absolument interdite et peut faire l’objet de poursuites judiciaires.(…) ». Quant à lui, l’avis juridique accompagnant un achat en ligne via le site d’Archambault précise que « (…) Les fichiers numériques achetés sur le Site sont uniquement destinés à un usage privé, toute reproduction, représentation ou usage public collectif sont prohibés et exposent son auteur aux poursuites prévues par les dispositions en vigueur du code de la propriété intellectuelle. (…) »

(2) Les termes choisis pour représenter les deux voies de développement sont inappropriés, mais sont ceux utilisés pour le moment.

(3) Note: il est à noter que dans la plupart des milieux on ignore complètement qu’il y a une différence légale entre faire l’achat d’un livre numérique à titre individuel et en faire l’achat en tant qu’institution.

(4) http://www.theliteraryplatform.com/2013/08/the-swedish-model-or-how-we-learned-to-stop-worrying-and-love-ebook-lending/, par Hannes Eder, le 19 août 2013.

(5) Tout ce paragraphe est largement inspiré du résumé rédigé par Marilyne Côté de la CSDM.

(6) Résumé de Marilyne Côté, révisé par Clément Laberge. Courriel personnel du 15-11-2013.

(7) Service des technologies en information.

(8) Service de la formation générale des jeunes.

(9) Direction des affaires corporatives et des communications.

Pour consulter l’ensemble des textes de ce dossier en version PDF, cliquez ici.

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