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On prendrait bien votre portrait!: Comment ça se passe chez nous!

Article écrit par Virginie Dugas, bibliothécaire, Commission scolaire René-Lévesque.

Prendre en photographie toute la famille, ce n’est pas si simple! La Commission scolaire René-Lévesque (CSRL) couvre un territoire de plus de 300 kilomètres qui se concentre sur la partie sud de la péninsule gaspésienne, de Percé jusqu’aux portes de la Matapédia, entre la baie des Chaleurs et les monts Chic-Chocs. C’est plus de 6 000 élèves jeunes et adultes, qui partout sur le littoral sud de la péninsule gaspésienne, donnent du sens à notre organisation. Ils sont actifs dans un de nos trente-cinq (35) établissements.

Nombre d’élèves par niveau scolaire (1)

  • 714 au préscolaire;
  • 2 082 au primaire;
  • 2 008 au secondaire;
  • 650 en formation professionnelle;
  • 750 à l’éducation des adultes.

Type d’établissements (2)

  • 22 écoles primaires;
  • 5 écoles secondaires;
  • 2 écoles primaires-secondaires;
  • 3 centres d’éducation aux adultes;
  • 3 centres de formation professionnelle.

Les services documentaires se situent sous la responsabilité de la direction des Services éducatifs aux jeunes. Je suis donc membre de l’équipe des Services éducatifs. On me présente comme une bibliothécaire avec un rôle-conseil et une expertise au niveau du livre. Mon travail doit s’arrimer à celui des conseillères pédagogiques, particulièrement des conseillères dédiées au français. Mes priorités d’actions et l’organisation de mon travail sont très liées au travail des conseillères pédagogiques puisqu’elles sont la fenêtre sur les écoles du territoire.

Je participe également à certains comités internes, dont le comité culturel qui fait la gestion du programme La culture à l’école ainsi qu’à des comités externes comme celui du comité organisateur de Livres en fête!, qui est un événement littéraire régional se déroulant pendant une semaine chaque année et qui a pour mission de donner le goût de lire à tous.

C’est la première fois que le centre administratif de la CSRL a une ressource dédiée aux services documentaires. Auparavant, il n’y avait ni bibliothécaire, ni technicien-ne en documentation ou agent-e de bureau pour mettre en place un système adéquat. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu d’actions entreprises ou de projets réalisés, mais ça veut dire que les assises sont fragiles. Cela dit, la détermination et la vision de la direction des Services éducatifs sont des moteurs de changements forts.

Je suis en poste depuis l’été 2011. La première année a été consacrée à mes études à l’École de bibliothéconomie et de sciences de l’information (EBSI) de l’Université de Montréal. J’ai porté deux chapeaux tout au long de ma deuxième année en poste. Celui d’étudiante de l’EBSI, en complétant la maîtrise par les cours offerts à distance, et celui de bibliothécaire dans l’appropriation de mon milieu de travail et la participation à quelques dossiers. Avec du recul, je regrette de ne pas avoir complété à Montréal la formation obligatoire. L’offre des cours à distance de l’Université de Montréal est négligeable et la discipline nécessaire pour garder la motivation, malgré le contenu statique de plusieurs cours, est démesurée. En complétant une session supplémentaire en présentiel à temps plein j’aurais remis les pieds en Gaspésie quatre mois plus tard, mais avec une contribution à 100 % dans mon travail. Au lieu de cela, prise dans mes travaux et ralentie par mon manque de confiance face à ma formation incomplète, je me suis retrouvée assise entre deux chaises avec mes beaux chapeaux, drôle de photo non?

Heureusement, j’ai terminé ma formation à l’EBSI en juillet dernier. Autre grand bonheur, une seconde bibliothécaire a été embauchée cet été. Tout comme moi, elle devra compléter la maîtrise en sciences de l’information de l’EBSI. Elle devrait nous retrouver, avec ses deux chapeaux dès l’automne 2014.

Un des premiers mandats qui m’a été confié a été de dresser le portrait du milieu, voici ce que ma tournée des écoles primaires et secondaires m’a permis de cerner :

Des vingt-deux (22) écoles primaires de la CSRL, six (6) écoles sont sans bibliothèque. Dix (10) bibliothèques sont scolaires et municipales et se situent dans l’école. Cinq (5) bibliothèques sont dédiées au primaire et se situent dans l’école. Une école (1) partage la bibliothèque avec une école secondaire.

Les deux (2) écoles dédiées au primaire et au secondaire et les quatre (4) écoles dédiées au secondaire ont toutes une bibliothèque. De plus, une école (1) partage la bibliothèque avec une école primaire.

Le développement des collections est à la discrétion de chacune des directions d’établissement. Chaque école gère son budget d’achat de livres à sa façon. Une part de ce budget est souvent distribuée aux enseignants pour l’achat de livres pour le coin lecture ou de livres utilisés comme matériel didactique. Ces livres restent en classe la plupart du temps, qu’il y ait une bibliothèque dans l’école ou non. Pour les écoles primaires, les achats ne sont ni inventoriés ou catalogués. Ce qui veut dire que pour un certain temps, je devrai accompagner dans le développement des collections, sans les connaître!

Les bibliothèques du primaire qui sont classées, le sont par collection. L’informatisation est en cours pour une de ces bibliothèques à l’aide de l’application «Delicious Library».

Les bibliothèques du secondaire et du primaire-secondaire sont classées selon Dewey, elles sont informatisées et fonctionnent avec Regard à l’exception d’une école qui a créé une base de données Access (non-disponible pour la consultation des usagers) pour la gestion des emprunts. Cette bibliothèque utilise le nom de l’auteur pour le classement de sa collection.

L’utilisation de la bibliothèque au primaire, sauf exception, se résume à l’emprunt de documents. Le partage des espaces entre municipal et scolaire n’est pas toujours équilibré. Certaines écoles préfèrent même développer des coins lecture en classe plutôt qu’utiliser la bibliothèque. Au secondaire, le rôle de la bibliothèque se résume souvent, outre les emprunts de documents, à un local de reprise d’examens. L’animation en bibliothèque et la formation aux compétences informationnelles sont pratiquement absentes autant au primaire qu’au secondaire.

Alors, on commence par quoi?

Je crois qu’on a tous un livre préféré! Comme bibliothécaire, mon mandat c’est d’aider mes usagers à le trouver! C’est comme un film préféré, une voiture préférée, etc. C’est évolutif et c’est bien comme ça! Mais il ne faut jamais juger le livre préféré du moment. Nous devons faciliter l’accès à ce livre pour l’élève, sans juger ses intérêts ou compétences à la lecture. Monsieur Yves Nadon, dans une conférence donnée dans le cadre d’un cours à l’EBSI disait que «La bibliothécaire scolaire n’enseigne pas à lire, elle organise la rencontre entre le livre et l’enfant», et j’y crois.

Une part de mon mandat concerne l’accompagnement auprès des enseignants quant à l’animation du livre. Je ne crois pas que nous devions exiger des enseignants qu’ils soient passionnés de lecture ou amoureux de la littérature. Je crois qu’on doit plutôt insister sur leur expertise de pédagogue, de passeur culturel, de passeur de savoir… Et savoir donner le goût de lire, c’est à la portée de ces experts!

Mon travail d’accompagnement dans l’acte de la lecture se fait également dans l’accompagnement pour choisir des livres, entre autres, comme matériel didactique utilisé par l’enseignant et dans le coin lecture pour le bonheur de lire de l’élève. Je porte une attention particulière à définir qu’est-ce qu’une nouveauté. Les enseignants ont développé l’habitude de se tourner vers l’acquisition plutôt que vers les ressources disponibles en bibliothèque ou dans les classes de l’école. Comme si on faisait toujours l’épicerie sans commencer par regarder ce qui est absent du garde-manger! Je travaille donc à sensibiliser les intervenants qu’un livre nouveau ne veut pas nécessairement dire un livre neuf, que la nouveauté ne passe pas nécessairement par l’acquisition et que les livres d’une école sont la propriété d’une école/une communauté et non d’une classe/d’un enseignant. Globalement, je dois démontrer la pertinence d’associer TROUVER et lire/animer plutôt que ACHETER et lire/animer tout en réformant la définition d’appartenance à l’objet.

Bien sûr, toutes les actions que l’on met en place découlent de constats, de problématiques et de priorités identifiés pour une école, un cycle, etc. On accroche ces projets à la convention de gestion et au projet éducatif des écoles. Je m’assure donc de m’intégrer à la structure déjà en place. Mon plan d’action est ainsi évolutif et, dans ce travail d’organisation des services documentaires, je construis en regardant vers l’avenir.

(1) Données disponibles sur le site Internet de la CSRL : <http://www.csrl.qc.ca/csrl/notre-organisation/Pages/mission.aspx> (consulté le 30 septembre 2013)

(2) Ibid.

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