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On prendrait bien votre portrait!: Des trousses littéraires… in English please!

Article écrit par Marie-Josée Proulx St-Pierre, bibliothécaire à la Commission scolaire de Kamouraska–Rivière-du-Loup.

L’enseignement de l’anglais, langue seconde, a fait couler beaucoup d’encre au cours des dernières années, et le sujet ne m’a jamais laissée indifférente. Traductrice dans une vie antérieure, j’ai toujours eu à coeur l’apprentissage des langues. Aucune surprise alors si je vous dis que, au moment où l’on a annoncé la création d’un programme d’anglais enrichi au 3e cycle du primaire dans ma commission scolaire, j’ai approché la conseillère pédagogique en anglais pour mettre en oeuvre un projet commun, un projet qui mettrait la littérature au coeur de l’apprentissage. Il faut dire que j’ai eu de la chance : la conseillère pédagogique en question, Chantal Blanchet pour ne pas la nommer, arrivait en poste et faisait déjà énormément appel aux livres dans sa pratique. Et elle y croyait! Je n’ai donc pas eu à chercher beaucoup d’arguments pour lui faire comprendre que les élèves seraient plus motivés à apprendre l’anglais à l’aide de livres colorés et stimulants qu’avec les traditionnels manuels scolaires et autres photocopies. Alors, c’est quoi ce projet?, me demandez-vous. Et bien c’est la création d’une dizaine de trousses littéraires en anglais proposant livres et activités aux enseignants.

Premier défi : trouver des livres pouvant intéresser des jeunes de 10-12 ans, mais avec un vocabulaire assez facile. Si seulement c’était simple… Vous êtes-vous déjà attaqués à ce dossier? On peut passer des heures devant notre écran sans rien trouver. Si le sujet du livre semble intéressant, le nombre de pages est terrifiant; si la longueur du texte est parfaite, les dessins sont enfantins. Et lorsqu’on trouve LE livre, on croise les doigts pour que son contenu soit aussi pertinent que ce que l’éditeur veut bien laisser croire! Comme si le tout n’était déjà pas assez difficile, la conseillère pédagogique – que j’adore, je tiens à le dire! – m’a mise aux défis de mettre la main sur des livres traitant de sujets rarement abordés par les enseignants, et ce, malgré qu’ils fassent partie du programme. Des exemples? Les «marques d’appropriation du territoire», c’est-à-dire les bâtiments, statues et autres constructions célèbres, les expressions idiomatiques et les personnages célèbres. Un défi de taille qui n’allait certainement pas m’arrêter.

Deuxième défi : faire venir les livres en plusieurs exemplaires. Ça semble banal, mais faire venir 5 ou 30 copies d’un même livre peut être plus périlleux qu’on le croit. Surtout si le distributeur, ne voulant pas perdre de vente, est prêt à dire un peu n’importe quoi à son libraire. Certains livres que j’ai commandés en février dernier ne sont toujours pas arrivés…

Troisième défi : concevoir des activités liées au programme et aux livres. Dès le début, la conseillère pédagogique et moi avons établi que chaque trousse toucherait à au moins deux des trois compétences en anglais, langue seconde. La plupart de nos trousses commencent donc par un cercle de lecture afin de favoriser la communication orale, qui est après tout la compétence la plus importante de la discipline. Chaque élève ayant un rôle distinct, il doit partager son information avec ses partenaires et les aider dans leur compréhension. Ensuite vient l’organisateur graphique : les élèves doivent trouver les réponses aux questions qui?, quoi?, où?, quand? et comment? Finalement, l’élève doit effectuer une tâche de réinvestissement (compétence 2) ou la rédaction d’un texte (compétence 3), et parfois les deux. N’étant aucunement formée en pédagogie, mon rôle consiste surtout à faire des suggestions à la conseillère pédagogique et à trouver des idées novatrices qui feront le bonheur des enseignants et des élèves. Cette collaboration est précieuse : j’en apprends davantage sur le domaine et la conseillère pédagogique bénéficie de mon expertise et de mes talents en informatique. En effet, chaque trousse vient avec un cahier de l’élève prêt à être photocopié que je formate au fil de nos rencontres. Ensemble, on réfléchit, on repart parfois à zéro ou on se relance sur une idée préalablement abandonnée, on se questionne sur les pratiques actuelles en enseignement… Non seulement notre relation est riche, mais elle nous apporte autant à l’une qu’à l’autre. Quelle chance! De plus, on s’assure que chaque trousse est distincte, qu’elle ne reprend pas des idées déjà utilisées dans une autre trousse afin de garder un élément de surprise et d’éviter l’ennui. Chaque trousse aborde ainsi un thème différent : contes de fées en bd, pays étrangers, bestioles de la maison, bd d’aventures rocambolesques, épopées du passé, animaux sauvages…

La réaction des enseignants : C’est en août que nous avons présenté les cinq premières trousses aux enseignants d’anglais, et leurs réactions nous ont enchantées. En effet, la majorité d’entre eux étaient très enthousiastes et les réservations pour l’année à venir ont afflué. Nous attendons donc maintenant qu’ils nous fassent part de leurs commentaires après l’utilisation de nos trousses. Il y aura certes quelques modifications à apporter, mais nous espérons que le projet fera naître chez les enseignants un enthousiasme contagieux, qui les poussera à répéter l’expérience avec leurs élèves.

La suite, c’est quoi?

La conseillère pédagogique et moi n’avons pas l’intention d’en rester là! Nous réfléchissons déjà aux trousses qui seront mises en circulation l’an prochain pour le 1er cycle du secondaire. À notre équipe se greffera une enseignante de secondaire 1 avec qui nous avions vraiment le goût de travailler. Et il nous reste encore quelques trousses à finaliser au 3e cycle. Bref, nous avons encore du pain sur la planche, mais notre motivation est intacte et nous espérons grandement connaitre assez de succès pour pouvoir créer des trousses pour tous les niveaux!

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