Pour les membres

Suivre l’actu numérique

Livres et autres ressources documentaires numériques en milieu scolaire: suivre les développements

Faire un don à l’APSDS

Suivre l'APSDS

Suivre l’APSDS / courriel

Pour recevoir les mises à jour du site par courriel:

Notre site

Sauf indication contraire, tout ce qui se retrouve sur ce site est sous license Creative Commons de type Attribution - Non commerciale - Partage à l'identique 2.5 Canada.

Sauf indication contraire, tout ce qui se retrouve sur ce site est sous license Creative Commons de type Attribution - Non commerciale - Partage à l'identique 2.5 Canada.

Les textes et documents accessibles seulement aux membres ne sont pas inclus.

Place à la littérature jeunesse…: La mise en valeur de nos collections

Article écrit par Sophie Morissette, bibliothécaire, Commission scolaire de St-Hyacinthe.

Dernièrement, mon attention a été attirée par un billet publié sur le blogue de Bertrand Callenge, directeur de l’École Nationale Supérieure des Sciences de l’Information et des Bibliothèques (enssib). Le billet s’intitule Construire des collections ou construire des connexions? En voici un extrait :

Lankes explique que de son point de vue la collection est somme toute un service, et qu’une bonne bibliothèque construisant de bons services doit évidemment se doter d’une bonne collection. L’opposition entre les deux premiers termes de l’assertion n’est qu’apparente : en fait la mauvaise bibliothèque ne s’occupe que de sa collection, la bonne gère et mobilise sa collection dans une volonté orientée utilisateur(…) (1)

Dans une volonté de voir les livres de nos bibliothèques être empruntés, je crois qu’il faut réfléchir sur la question : qui sont nos utilisateurs?

Nous avons la chance d’avoir une clientèle uniforme : des enfants ou des adolescents du système scolaire et, aussi, tous les intervenants du milieu scolaire.

Si je veux satisfaire mes utilisateurs, je dois établir des liens avec eux. Je dois les connaître, les fréquenter, les consulter, les attirer et les informer. Je dois faire tout cela avec ma collection et mes services.

Ma collection doit, en elle-même, posséder des critères de médiation. Bertrand Callenge parle de deux critères de médiations pour nos collections : la séduction et la lisibilité.

La séduction

Notre collection doit être attirante. Il faut se débarrasser de ce qui est sale, dépassé et détérioré. Callenge utilise cette expression : « Avoir une collection pleine de respect pour autrui». (2)

Pour être respectueuse, notre collection doit être vue et répondre aux aspirations de nos utilisateurs. Les jeunes sont de grands consommateurs d’images et nous avons la chance de travailler avec des livres qui pour la plupart d’entre eux, se présentent avec des images signifiantes sur leur première de couverture. Dans nos bibliothèques, il faut exposer les livres comme des œuvres d’art. Quelle chance nous avons : le livre est à la fois œuvre littéraire et picturale. Il est si facile de le mettre en valeur.

La lisibilité

Le deuxième critère de médiation de nos collections, selon Callenge, est la lisibilité. Dans le milieu scolaire, nous devons donner un sens à nos collections. De littéraire et picturale, notre collection doit aussi être théâtrale. Médiateurs… soyons metteurs en scène! Callenge parle de mise en scène et de mise en sens de nos collections. Les utilisateurs aiment quand les livres se regroupent et se présentent sous différents thèmes. Par exemple, le thème de la guerre est populaire au premier cycle du secondaire. Dans une mise en scène sur fond noir, il est intéressant de présenter des documents qui traitent de conflits, en associant romans et documentaires, bandes dessinées et images. Les présentoirs se vident à la vitesse de l’éclair parce que, réunis ensemble, les livres racontent, avec une multitude de points de vue, la même histoire : la lutte entre deux ou plusieurs groupes sociaux. L’utilisateur est debout devant le présentoir, captivé par la mise en scène. Tout à coup, un des livres se détache du lot et attire le regard et la main du lecteur. Le livre n’a pas à être neuf ou à la dernière mode. Mais, il doit absolument s’inscrire dans la lisibilité et faire sens, avec tous les autres qui sont là.

Par ce procédé, il est possible de voir les livres qui ne font pas sens. Les ouvrages qui n’attirent pas l’attention de nos utilisateurs doivent nécessairement attirer la nôtre. Ces livres pourront-ils s’inscrire dans une autre mise en scène, pour quelles raisons ne bougent-ils pas? Un livre qui ne bouge pas après plusieurs tentatives de médiation devra tôt ou tard laisser sa place à un autre document et être élagué de notre collection parce qu’il ne répond pas aux besoins de nos utilisateurs.

En vrac, je vous présente quelques stratégies de médiation qui ont connu du succès.

Première stratégie

En tant que bibliothécaire en milieu scolaire, la première personne que je consulte, c’est mon utilisateur principal : l’élève. Ma stratégie consiste à visiter les classes avec un chariot contenant une bonne sélection d’ouvrages. Je me rends là où est l’élève pour lui présenter les différents types de documents que possède la bibliothèque. Des romans, des documentaires, des bandes dessinées et des magazines variés. Si je perçois de l’intérêt de la part d’un élève pour un des titres présentés, je le dépose sur la table devant lui. Cette approche intrusive, mais non agressante, permet aux élèves de prendre connaissance de la variété de la collection. J’en profite pour les questionner sur ce qui les intéresse. Les réponses me confirment qu’il ne serait pas approprié de faire du développement de collection unilatérale pour toutes nos écoles. La première fois que j’ai visité des classes pour faire cette expérience, je ne m’attendais pas du tout aux suggestions que j’ai obtenues. C’était dans une école secondaire de Sorel-Tracy. Les élèves ont demandé des livres ayant pour sujet la chasse, la pêche et les motoneiges. Cette école est maintenant abonnée aux magazines « Sentier Chasse et Pêche » et « Motoneige Québec » pour le plus grand bonheur des lecteurs.

Deuxième stratégie

J’ai été invitée par des enseignants de français pour présenter les genres littéraires à des élèves de troisième secondaire. Le but était de les aider à sélectionner librement un roman pour la dernière lecture obligatoire de l’année.

J’ai préparé une présentation PowerPoint pour présenter les genres littéraires et donner des exemples de livres et de productions cinématographiques qui correspondent à chacun des genres. En collaboration avec la technicienne en documentation et le commis, nous avons extrait 450 romans des rayons pour les classer par genre et les placer sur des présentoirs afin que les élèves puissent faire une sélection à la suite de ma présentation théorique. Durant la période de temps consacré au choix du livre, les élèves étaient regroupés autour des présentoirs. J’ai été enchantée de découvrir des dizaines de médiateurs. Les élèves commentaient les genres, ils reconnaissaient certains romans et s’interpellaient dans une atmosphère décontractée. Les enseignants, le commis, la technicienne et moi y sommes également allés de nos conseils et de nos coups de cœur. Pour faire suite à cette expérience, nous avons décidé de conserver des présentoirs de livres classés par genres accessibles à tous les élèves de l’école. C’est toujours un plaisir d’écouter les élèves commenter les différents titres et conseiller leurs amis. Nous le savons, il n’y a pas de médiateurs plus efficaces que nos pairs.

Les présentoirs sur la photo m’ont été inspirés par Judith Munger, bibliothécaire scolaire à l’école secondaire Alexander Galt à Lennoxville.

Troisième stratégie

Une autre stratégie qui a connu du succès pour promouvoir les documents de ma collection a été celle d’imprimer une grande quantité de signets présentant une citation d’un côté et un slogan de l’autre : Ce livre-là, on l’a!

Il y avait plus de 50 citations différentes en circulation et nous avons distribué des signets à tous les élèves. Les livres cités ont été mis en évidence grâce à des présentoirs. La campagne de signets a contribué à augmenter le nombre d’emprunts et à donner une image sympathique de la bibliothèque.

Quatrième stratégie

Finalement, je veux vous présenter l’Espace pédagogique de la CSSH où je travaille actuellement. L’Espace pédagogique a été créé par ma collègue Viviane Morin. Nous l’utilisons pour faire la promotion de documents et d’évènements ayant une valeur pédagogique afin d’influencer et d’aider les acheteurs de livres dans les différentes écoles. C’est un merveilleux outil pour communiquer avec les enseignants, les conseillers pédagogiques et les techniciens en documentation afin de faire la promotion d’idées, d’activités et de suggestions d’achats pour les bibliothèques.

Espace pédagogie : http://pedagogie.cssh.qc.ca/

En conclusion, je tiens à souligner l’importance d’un bon réseautage dans notre métier de bibliothécaires scolaires. Les liens tissés avec les élèves, les enseignants, les conseillers pédagogiques et les autres bibliothécaires sont une source inépuisable d’inspiration et d’encouragement pour exploiter nos collections à leur juste valeur.

(1) Callenge, Bertrand. 2013. « Construire des collections ou construire des connexions ». Blogue. [http://bccn.wordpress.com/2013/04/07/construire-des-collections-ou-construire-des-connexions/] (consulté le 22 mai 2013).
(2) Ibid.

La section des commentaires est maintenant fermée sur cette page.