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Nouvelle ère, nouveaux lieux: Réaménager par «en-dedans» ou faire mieux avec ce que nous avons!

Article écrit par Marie-Hélène Charest, bibliothécaire à la Commission scolaire des Phares.

Janvier 2009. Première journée à la Commission scolaire des Phares de Rimouski. Mon bureau est installé dans une école secondaire de 800 élèves pour que j’y travaille à 30 % de ma tâche. L’objectif : travailler en collaboration avec la technicienne déjà en place. Travailler 30 % dans une école… ce qui représentait qu’une seule journée par semaine. J’y ferais quoi? Comment? Tout était à déterminer.

Une chose était certaine : il fallait penser à un réaménagement. Quand? Le plus tôt possible! Pas que le petit « rose bonbon » ne me plaisait pas, mais la question qui me venait à l’esprit était plutôt d’ordre promotionnel : cette petite couleur démodée a-t-elle un impact sur la fréquentation de la bibliothèque? Entre mes nombreux questionnements sur ce qu’allait être mon travail dans cette école et sur les besoins réels de l’école, j’ai navigué entre « le-projet-dont-on-rêve-tous » et le projet « un-petit-coup-de-peinture-de-grâce ». Nous sommes arrivés, six mois plus tard, à faire de cette bibliothèque un lieu dynamique, adéquat, utile et efficace en, comme l’expression le dit, « réaménageant par en-dedans ».

Les tâches à accomplir pour faire le réaménagement ont pris forme en rédigeant un plan de développement dont je vous offre les grandes lignes dans cet article. Ainsi, nous nous sommes donné une vision commune de ce qu’allait devenir la bibliothèque. J’étais loin de me douter que je réaliserais 70 % du projet, six mois plus tard. Je vous présente ici les principales étapes de réalisation du projet en partant des constats et des améliorations désirées. Si vous souhaitez lire mon plan de développement dans son ensemble, je le joins à ce texte.

Saisir le bon moment

Premièrement, il faut savoir que ce projet de réaménagement n’aurait pas vu le jour si une série d’évènements n’avait pas eu lieu dans mon école. Il est donc le résultat d’un concours de circonstances. En 2009, mon école venait de vivre une enquête, menée par un professeur de l’Université du Québec à Rimouski, afin de déterminer les grandes orientations de l’école. Bien collée à ce rapport, avec mon « Plan d’action pour la lecture » en main, le projet éducatif et le dictionnaire terminologique de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information pas très loin, je me suis mise à la rédaction, comme on rédige un travail scolaire. Pour chaque énoncé de mon rapport, j’y suis allée avec les nombreuses réalités, la théorie et ma liste de souhaits, sans plus. Le tout, présenté en liste d’épicerie, afin de présenter un rapport succinct et prescriptif. Le directeur a été très réceptif lors du dépôt de ce plan de développement puisqu’il souhaitait faire l’investissement depuis longtemps. Je venais de lui donner les arguments nécessaires pour entamer les travaux. Aujourd’hui encore, il est content de venir dans ce lieu et d’y voir une fréquentation accrue. De plus, il reçoit les nombreux commentaires positifs avec grande fierté.

Développer une vision commune

Ce plan de développement n’avait qu’un seul but : se donner une vision commune du service de bibliothèque dans l’école et apporter les modifications nécessaires au fil du temps. Il est actuellement à la base de notre plan d’action annuel, que nous avons pris l’habitude de déposer chaque année. Tout d’abord, voici comment la convention de gestion décrit l’école et son milieu :

« L’école du Mistral est située à Mont-Joli, dans la région de la Mitis. En 2011-2012, elle a accueilli plus de 783 élèves provenant de la ville ainsi que de 10 petites municipalités avoisinantes. Couvrant un large territoire, l’école doit s’adapter à la réalité d’un milieu ayant un indice socioéconomique dit défavorisé. […] École publique œuvrant depuis plus de 40 ans, elle se veut un milieu de vie et d’études stimulant et motivant.On y dispense des services d’enseignement de la 1re à la 5e secondaire ainsi que des programmes éducatifs adaptés : les parcours axés sur l’emploi, le secondaire adapté, les programmes en déficience PPVA, une année transitoire et le cheminement progressif. De plus, elle offre des programmes arts-sports-études tels : la guitare et l’harmonie ainsi que le football et le hockey. Afin de soutenir notre mission éducative, l’école bénéficie des services de professionnels (psychoéducatrice, orthopédagogue professionnelle, bibliothécaire, animatrice en vie étudiante et conseillère en orientation) ainsi que des services du personnel de soutien (technicien en travail social, agente de bureau, secrétaire, technicien en loisirs, technicien en organisation scolaire et en documentation) qui ont à cœur la réussite de nos élèves. Plusieurs partenaires communautaires par le biais du Pacte Social viennent aussi soutenir nos actions. » 1

Pour se donner une vision commune, il va sans dire que nous avons consulté énormément le site du Plan d’action pour la lecture à l’école. Celui-ci définit la bibliothèque scolaire comme « […]un laboratoire d’enseignement et d’apprentissage ainsi qu’un lieu d’accès aux ressources documentaires et littéraires essentielles à la concrétisation des problématiques et des thèmes identifiés dans les domaines généraux de formation; au développement des compétences disciplinaires et transversales du Programme de formation; au développement de la dimension culturelle; à l’atteinte des objectifs des services complémentaires; à la réussite du projet éducatif et du plan de réussite de l’école; aux orientations générales du renouveau pédagogique. Elle constitue le lieu idéal d’intégration des 3 grands axes de la mission de l’école. » 2

Le développement du plan s’est fait conjointement avec la technicienne en documentation.Nous avons analysé ensemble son travail et les souhaits qu’elle avait pour améliorer celui-ci. Il faut comprendre qu’elle naviguait seule ce vaste chantier à mon arrivée, en gérant le développement des collections, le traitement, les manuels scolaires, la circulation et la discipline. Mon intention première en écrivant ce rapport était de rédiger la mission de la bibliothèque, ces objectifs en insistant sur ce qui devrait être développé. En aucun temps, il n’a été question de discréditer le travail de la technicienne en place. Au contraire, ce document nous a permis de développer un projet de façon globale, en intégrant des nouveaux services et du nouveau personnel. Finalement, ce réaménagement des lieux et des services n’aurait pas pris forme sans l’ajout d’une agente de bureau classe II, partageant la circulation des collections avec la technicienne.

Après l’analyse du travail fait, nous avons élaboré une liste de constats selon les catégories suivantes. Je ne vous présente ici qu’un résumé des constats établis :

Planification et organisation de la bibliothèque

  • Aucun document n’appuie le développement de la bibliothèque. Elle ne figure à aucun endroit dans la documentation officielle de l’école ou dans la planification pédagogique des enseignants;
  • Le budget et les statistique

  • Aucune planification budgétaire n’était envisageable, et ce, malgré les sous
    investis dans le cadre du Plan d’action pour la lecture à l’école;
  • Espaces et aménagement

  • Couleur, tapis, gestion des espaces : tout devait être revu;
  • Aucun coin lecture, décoré par des jeunes n’était aménagé;
  • Les fenêtres étaient cachées par du rayonnage trop haut;
  • Aménagement rendant difficile la gestion de la discipline durant les pauses
    et l’heure du diner;
  • Développement des collections et l’élagage

  • Aucune politique ou procédure écrite de développement des collections et d’élagage;
  • Méconnaissance des besoins pédagogiques;
  • Aucun développement numérique alors envisagé;
  • Traitement documentaire

  • Le manque de ressources humaines ne permettait pas à la technicienne d’optimiser son temps pour faire du traitement;
  • Circulation

  • Tâche principale d’une bibliothèque, faite par une seule personne;
  • Le manque de ressources humaines a une conséquence sur les services offerts aux usagers;
  • Services

  • Des services sont offerts de façon « décousue » par manque de temps et de ressources;
  • Mise en valeur et formation

  • L’animation et la formation à la bibliothèque n’était pas développé par manque de temps. L’ajout de ressources humaines a permis à la technicienne de développer ce travail;
  • Technologie web

  • L’équipement informatique était désuet. Il a fallu revoir le parc au complet;
  • La gestion de la salle d’informatique dans l’école était défaillante.
  • Depuis 2009, la bibliothèque a subi une cure de jeunesse. Après cette dite liste de constats,nous avons élaboré nos souhaits. Ils étaient vastes, ils étaient nombreux et ne venaient pas uniquement de la bibliothèque. Enseignants et directions ont contribué à élaborer les besoins. L’étape trois : rédiger un échéancier de travail et établir les priorités. Elles se lisent comme suit :

  • Amélioration du lieu : peinture, tapis, table de travail, réorientation des étagères,création d’espace pour les revues, les bandes dessinées et un coin lecture attrayant;
  • Ajout des services : une salle multimédia s’insérait dans le plan de la bibliothèque. En élaguant de nombreux manuels scolaires désuets, nous avons récupérer un espace pouvant être annexé à une classe « trop petite », afin d’aménager notre salle multimédia;
  • Intégration d’un service de prêt de matériel audiovisuel;
  • Amélioration du traitement documentaire : dérive de notices, intégration de notices Web au catalogue, amélioration du visuel;
  • Développement d’un programme d’animation de la bibliothèque;
  • Développement de formations documentaires répondant aux besoins des enseignants.
  • À ce jour, nous avons atteint 70 % de nos objectifs de ce plan. À chaque année, la technicienne et moi nous rencontrons pour rédiger un plan d’action, mais ce document reste à la base de notre travail. Nous y revenons constamment pour présenter nos priorités. Il faut reconnaitre que nous avons une écoute et une volonté de la part des directions.

    Voici, à l’aide de photo, le réaménagement physique des lieux. Le vieux tapis a été en partie changé par de la tuile, les murs ont été repeints et un nouveau tapis a été posé dans l’espace de travail. Nous avons opté pour remettre un tapis afin d’éviter le bruit causé par les chaises. Sur cette photo, nous pouvons voir les fenêtres, auparavant cachées par du rayonnage. Le rayonnage a donc changé de place, sur la surface en tuile. Comme le comptoir de prêt est devant ce rayonnage, il est possible de faire la discipline à partir du comptoir. Le parc informatique a été revu et amélioré, permettant le recherche rapide au catalogue et sur Internet. Un coin lecture est présentement en développement et partira de ce graffiti. Celui-ci a été conçu par un élève et invite les élèves à trouver leur « tag ». Il y a 5 catégories de « tags », et des livres y sont rattachés.Des aménagements ont été conçus près du coin lecture pour y insérer les bandes dessinées, les périodiques et les nouveautés.Finalement, le comptoir de prêt a été refait, mettant de côté un comptoir qui avait subi de nombreuses «opérations » depuis les années 70. Ce nouveau comptoir a été construit pour respecter les normes ergonomiques, offrir deux espaces de services : le prêt et retour ainsi qu’un comptoir de référence.

    Somme toute, le plan de développement n’aura pas juste permis de faire ce réaménagement physique, il nous a aussi amené à réfléchir sur les tâches et les services. On ne réaménage pas une bibliothèque simplement pour « mettre ça beau », on le fait pour diverses raisons. Bien évidemment, il est clair que les jeunes et les enseignants apprécient davantage le lieu pour son confort, mais ils exploitent de plus en plus les services offerts par la bibliothèque. Entre autres, nous avons trouvé une solution gagnante pour:

  • l’intégration de la circulation du matériel audiovisuel;
  • la gestion de la salle informatique est apprécié et enlève le poids aux enseignants;
  • un comité de promotion de la bibliothèque est maintenant en place avec la technicienne, une enseignante et une dizaine d’élèves;
  • le personnel de la bibliothèque peut maintenant se consacrer à développer des formations documentaires répondant aux besoins.

    Tout ça aurait pu se faire sans changer le « petit rose-bonbon », mais comment faire la promotion d’un lieu et de ses ressources si celui-ci n’est pas beau, confortable, attrayant et à l’image de la clientèle qui le fréquente.

    Marie-Hélène Charest, bibliothécaire
    Commission scolaire des Phares

    Bibliothèque – Etat des lieux et améliorations souhaitées – Mistral

    1 École du Mistral, Convention de gestion et de réussite éducative. [En ligne] Adresse : http://www.csphares.qc.ca/etablissements/ecolessecondaires.php Site web consulté le 4 avril 2013

    2 Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. Plan d’action pour la lecture à l’école. [En ligne]. Adresse : http://www.mels.gouv.qc.ca/lecture/index.asp?page=objectif1_pourquoi_b Site web consulté le 26 mars 2013

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