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Magasiner ou développer?: Le développement de collections à la Commission scolaire des Phares

Article écrit par Suzie Pelletier.

Cela fait maintenant plus de onze ans que je travaille à la Commission scolaire des Phares. Cette commission scolaire couvre le territoire des municipalités régionales de comtés de La Mitis et Rimouski-Neigette et offre des services à près de 11 000 élèves, jeunes et adultes. Je m’occupe principalement des écoles primaires (32) et des écoles secondaires (6) situées à l’extérieur de Rimouski ou Mont-Joli. J’ai commencé à travailler ici comme bibliothécaire en 2001 alors que j’ai remplacé mon prédécesseur parti à la retraite. J’ai donc eu la chance d’hériter d’un système de gestion des bibliothèques déjà bien établi pour les écoles. Nous sommes maintenant trois bibliothécaires à travailler à la commission scolaire. Mon rôle est peut-être le plus «traditionnel» des trois. En plus des achats et de la gestion des budgets, j’aide également les écoles dans l’organisation et l’aménagement de leurs bibliothèques. Pour les besoins de cet article, je décrirai mon rôle dans le développement des collections pour les écoles.

Développement des collections

Depuis que je suis en poste, j’ai dû m’adapter et modifier les pratiques pour mieux répondre aux besoins des enseignants. L’accès aux écoles et aux enseignants n’est pas toujours facile. Cependant, une fois que j’ai travaillé dans une école, pour les achats ou un réaménagement par exemple, on me rappelle habituellement l’année suivante. Et le bouche-à-oreille fait le reste pour les autres écoles!

Les écoles utilisent donc, pour la plupart, mes services pour l’achat de leurs livres. Quelques-unes préfèrent cependant faire les choses elles-mêmes. Mais cela peut changer d’une année à l’autre avec les mouvements de personnel (enseignants ou directions). Malgré tout, je peux résumer nos façons de faire en les regroupant selon trois méthodes.

1. Choix par les enseignants (8) [1]

Quelques enseignants préfèrent faire le choix de livres eux-mêmes. On retrouve cette façon de faire plutôt dans les petites écoles où les enseignants connaissent bien leur inventaire et leur clientèle. Quelques-uns d’entre eux amènent même quelques élèves dans les librairies pour faire des choix. Une école peut aussi décider de combiner plus d’une façon de faire les achats. Par exemple, je peux m’occuper des premier et deuxième cycles alors que les enseignantes du préscolaire et du troisième cycle vont faire leurs achats elles-mêmes.

Si quelques écoles font leurs propres achats, plusieurs ont laissé tomber à regret cette pratique. Les arguments que les enseignants me donnent pour expliquer cette décision sont nombreux. D’abord, les enseignants manquent de temps. Ils vont en librairie après l’école ou durant une journée pédagogique. Mais ils ont bien d’autres choses à faire à travers tout ça. Cela devenait donc une charge de plus pour eux.

De plus, quand on va dépenser d’importants montants d’argent en librairie, il faut être bien préparé et cela demande aussi beaucoup de temps. Il faut savoir ce que l’on a et ce que l’on n’a pas dans notre bibliothèque. Par exemple, il faut savoir si l’on a l’avant-dernier tome du Journal d’Aurélie Laflamme avant d’acheter le tout dernier!

Un autre argument est que les librairies n’offrent pas (et avec raison!) tous les livres disponibles sur le marché. Quand on veut que nos élèves produisent des recherches de qualité sur toutes sortes de sujets, on doit avoir une bibliothèque bien garnie et à jour. On doit donc trouver des livres variés et diversifiés.

Et enfin, les enseignants trouvent parfois difficile de choisir des livres en se fiant presque uniquement à la couverture ou à la quatrième de couverture. On peut quelquefois choisir des livres moins bien adaptés à notre clientèle alors que le titre ou les illustrations nous font penser le contraire.

2. Visites dans les écoles (16)

Comme un vendeur itinérant, je fais, depuis quelques années déjà, des «visites à domicile»!! Eh oui, je me promène avec des boîtes de livres et de catalogues et je vais rencontrer les enseignants dans leur école. Je peux rencontrer tous les enseignants en même temps, mais c’est plus facile de faire deux visites par école. Je rencontre le préscolaire et le premier cycle ensemble et les deuxième et troisième cycles une autre journée. J’ai alors plus de temps pour échanger avec les enseignants et leur présenter les livres que j’ai apportés.

Les enseignants aiment beaucoup cette façon de procéder. Elle leur permet de voir les livres, de me parler de leur bibliothèque ou de leurs projets avec les élèves. Ils peuvent aussi me faire des demandes plus précises. Et je sais qu’après ma visite, les enseignants attendront avec impatience l’arrivée de leurs nouveaux livres et qu’ils n’auront aucun problème à les promouvoir auprès de leurs élèves.

J’aime aussi beaucoup cette méthode. Même si cela demande une certaine logistique (consignations avec les librairies, transport des boites, surtout en hiver, déplacements plus fréquents, etc.), ces visites me permettent un contact privilégié avec les enseignants. Je suis toujours très bien reçue avec tous mes livres! Et cela me permet de prendre le pouls des habitudes de lecture et des préférences des jeunes par l’entremise des enseignants qui me demandent de compléter telle ou telle collection par exemple! C’est d’ailleurs de cette façon que j’ai su que la collection Cherub, entre autres, faisait un malheur parmi nos jeunes garçons lecteurs et non-lecteurs!

3. Achats par la bibliothécaire (14)

Certaines écoles me laissent l’entière responsabilité du développement de leurs collections. En plus des critères habituels de choix que j’utilise (écriture, sujet, originalité, illustrations, etc.), je me réfère beaucoup au projet éducatif de l’école et à son plan de réussite ainsi qu’aux besoins de développement dans les différentes classes Dewey.

Il est certain que les collections les plus populaires auprès des jeunes se retrouvent dans plusieurs écoles. Mais le projet éducatif me permet d’aller plus loin, de trouver de petits bijoux pour accompagner les enseignants dans leur enseignement, mais surtout de créer de la diversité parmi nos écoles.

Les moyens financiers ne sont pas un critère de développement, mais j’en tiens compte. Quand une grande école a plus d’argent parce qu’elle accueille plus d’élèves ou qu’elle organise des campagnes de financement, j’en profite pour acheter des livres qui sortent un peu de l’ordinaire ou de beaux albums un peu plus coûteux. Et souvent, cette richesse dans une école peut profiter à d’autres dans la commission scolaire. Il est en effet déjà arrivé qu’un bibliothécaire ou une conseillère pédagogique ait besoin d’un livre en particulier pour une animation et les écoles acceptent, la plupart du temps, de prêter leurs livres à d’autres.

En conclusion

Dans une commission scolaire, chacune des écoles est autonome, ce qui veut dire qu’il y a autant de façons de prendre les décisions qu’il y a d’établissements. De ce fait, je suis convaincue que nous n’aurons jamais une seule façon de faire les achats de livres pour toutes les écoles. Et nous ne devons surtout pas l’obliger. Chaque école a ses particularités et nous devons les respecter. Je crois aussi que nous avons trouvé un bel équilibre ici, à la Commission scolaire des Phares.

Bien sûr, vous pouvez facilement l’imaginer, le développement des collections de toutes ces écoles occupe une grande partie de mon temps sur une bonne période de l’année scolaire. Mais quel bonheur!

Suzie Pelletier
Bibliothécaire
Commission scolaire des Phares
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[1] Les numéros entre parenthèses réfèrent au nombre d’écoles qui, cette année, ont choisi ces méthodes d’achat.

Pour consulter ce texte en version PDF, cliquez ici.

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