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2030, l’Odyssée des bibliothèques scolaires: La bibliothèque scolaire en 2030

Article écrit par Johanne Lavoie.

Qu’en sera-t-il des bibliothèques scolaires dans 20 ans? Seront-elles très différentes de celles qu’on connaît aujourd’hui? Je vous propose dans les lignes qui suivent quelques idées sur ce que pourrait être la bibliothèque du futur.

Tout d’abord, selon moi, la bibliothèque scolaire comme lieu physique existera toujours. Cependant, elle ne sera plus perçue comme un dépôt de livres, mais comme un centre d’apprentissage, bien intégré à la vie pédagogique de l’école. Il est important pour les élèves d’avoir un lieu où ils peuvent apprendre, travailler seul ou en équipe, lire. Un lieu confortable, invitant, dans lequel on retrouve différents espaces: coin travail avec tables et chaises, coin lecture avec fauteuils et coussins, et coin multimédia avec ordinateurs portables, tablettes numériques, postes d’écoute et tableau blanc interactif. Les enseignants utiliseront la bibliothèque comme un prolongement de leur salle de classe.

En même temps, la bibliothèque sera également virtuelle. Bon nombre de ressources seront accessibles à distance, peu importe le lieu ou le moment: bases de données, livres numériques, applications pour tablettes et téléphones intelligents, etc. Cela implique nécessairement un service de référence virtuelle, afin d’offrir un soutien aux élèves qui utilisent les ressources sans être présents dans la bibliothèque.

Le mot-clé en matière d’aménagement de la bibliothèque sera «flexibilité». Il faudra que la bibliothèque soit capable de s’adapter facilement aux différentes clientèles et aux différents besoins des élèves et des enseignants. Son espace pourra être modifié au besoin et pourra évoluer avec le temps. Par exemple, le fait d’acheter des meubles modulables permet de réorganiser facilement l’espace.

La bibliothèque sera un lieu culturel et, à l’intérieur de ses murs, se dérouleront une foule d’activités, non seulement autour du livre et de la lecture, mais également en lien avec les programmes d’étude et les intérêts des élèves. Elle sera perçue comme un lieu vivant, dynamique, que les élèves auront envie de fréquenter.

Au niveau technologique, les bibliothèques scolaires seront équipées du système RFID (identification par radiofréquence). Ce système présente de nombreux avantages, notamment les prêts et retours de plusieurs documents simultanément (plutôt que de lire les codes-barres un à la fois), la lecture de rayons rapide et efficace (il est plus facile de trouver les livres mal classés) et l’amélioration de la gestion de l’inventaire. L’installation de bornes d’auto-prêt permettra aux élèves et aux enseignants d’être autonomes, ce qui risque de particulièrement plaire aux bibliothèques primaires. En effet, le recrutement de bénévoles n’est pas facile (et selon moi cela ne s’améliorera pas avec les années) et il arrive dans certaines écoles que des élèves ne puissent pas emprunter de livres lorsqu’il n’y a pas de bénévole pour enregistrer les prêts.

La visibilité sur les réseaux sociaux sera primordiale. Ceux-ci seront utiles pour mettre en valeur les activités de la bibliothèque, les nouvelles acquisitions, les suggestions de lecture et les ressources disponibles. Les réseaux sociaux permettent également de rejoindre les élèves là où ils sont présents et rendent possible des interactions avec eux et entre eux.

Les collections des bibliothèques seront plus virtuelles. Bien sûr, il y aura toujours des livres imprimés, mais les ressources numériques auront pris beaucoup d’importance: livres numériques, applications, bases de données, etc. Les bibliothèques pourraient même offrir un service de prêt de liseuses, afin que tous les élèves puissent avoir accès à l’expérience de la lecture numérique.

La mise en commun et le partage des ressources entre bibliothèques scolaires seront très importants. Un service de prêt entre bibliothèques et les achats regroupés de ressources permettront une utilisation maximale des ressources de la bibliothèque.

Une interface unique favorisera l’accès à toutes les ressources de la bibliothèque. En effet, non seulement le catalogue de la bibliothèque permettra de trouver des livres imprimés, mais également des livres numériques, des articles de revue et de journaux, des sites Internet, des blogues, etc. La recherche documentaire sera plus simple (pas besoin de répéter une même recherche dans plusieurs interfaces différentes) et l’élève aura davantage tendance à intégrer dans son travail de recherche différents types de ressources.

Pourquoi ne pas ouvrir les portes de la bibliothèque au primaire après l’école aux parents des élèves de maternelle et du premier cycle? Les enfants seront très certainement ravis de montrer leur bibliothèque à leurs parents et, ensemble, ils pourront choisir un livre à apporter à la maison. Développer l’habitude, pour l’enfant et son parent, de lire des livres ensemble pourrait même les amener à fréquenter la bibliothèque municipale, afin de découvrir une autre offre de lecture et de nourrir le plaisir de lire.

La bibliothèque scolaire présentée dans ce texte est encore très loin de la réalité. Je pense notamment au fait qu’on ne retrouve pas d’ordinateurs dans bon nombre de bibliothèques au primaire. Bien sûr, une partie des changements qui sont à prévoir dans les prochaines années peuvent être réalisés par les spécialistes en documentation, mais d’autres reposent sur l’avancement de la technologie (je pense notamment au fait que pour l’instant il est impossible pour le milieu scolaire d’offrir un service de prêt de livres numériques, étant donné que nous n’avons pas encore accès à une plateforme). Quoi qu’il en soit, une chose est sûre: bibliothécaires et techniciens en documentation ont encore du pain sur la planche. J’espère que les actions que nous mènerons d’ici 2030 permettront à nos patrons, aux directions d’école, aux enseignants et aux élèves de réaliser la richesse de notre travail et notre apport indispensable au milieu de l’éducation et à la réussite des élèves.

Johanne Lavoie
Bibliothécaire
Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île

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