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Réponse à l’éditorial de Martin Lépine dans Vivre le primaire, printemps 2011, vol. 24 no. 2

Martin Lépine
Département de pédagogie
Université de Sherbrooke

Monsieur Lépine,

Le conseil d’administration de l’Association pour la promotion des services documentaires scolaires(APSDS: apsds.org) tient à réagir aux propos que vous avez tenus dans l’éditorial de la revue Vivre le primaire du printemps 2011 vol. 24 no. 2.

En effet, il est impossible de passer sous silence notre déception quant à de tels propos tenus par un professeur, celui qui a devant lui notre future clientèle. Nous tenons à porter à votre attention, différents points essentiels qui définissent bien le rôle du bibliothécaire scolaire dans nos institutions d’enseignement.

Tout d’abord, rappelons qu’un bibliothécaire est une personne ayant un minimum de cinq années d’études supérieures. En plus d’avoir complété un baccalauréat, le bibliothécaire a obtenu un diplôme de deuxième cycle en sciences de l’information (www.ebsi.umontreal.ca; www.mcgill.ca/sis). Ce diplômé a étudié la gestion de l’information, le développement et le traitement des collections, il a pu se spécialiser en lecture numérique, en marketing ou en diffusion de l’information, en animation de la lecture, etc. Ce qui le caractérise principalement, ce sont ses compétences en gestion des ressources documentaires. Une compétence qui, bien au-delà du simple mandat de dépenser ou gérer un budget, se résume à la maximalisation des ressources dans une institution.

Rares sont les enseignants qui s’y connaissent en littérature jeunesse autant qu’un bibliothécaire scolaire. En plus de lire de nombreux ouvrages, ce dernier assiste aux présentations des diverses maisons d’édition et fréquente les salles de montre des librairies. Et pour cause, car ceci constitue la base du travail d’un bibliothécaire scolaire. Les bibliothécaires sont là pour conseiller les enseignants et les professionnels des écoles dans le choix des livres à utiliser en classe pour l’enseignement. Les livres sélectionnés par les bibliothécaires sont basés sur des critères nombreux, variés et liés au Programme de formation de l’école québécoise. Ces critères vont bien au-delà de la cote de popularité d’un auteur ou d’un sujet.

Pour maximiser l’utilisation des ressources, les bibliothécaires croient très fermement à la démocratisation du savoir, au partage des ressources et à une accessibilité à la culture. Pour ce faire, ils considèrent qu’il importe d’offrir à nos jeunes des collections variées, récentes, nombreuses pour qu’elles répondent aux trois grandes valeurs de notre École québécoise: instruire, socialiser et qualifier. La bibliothèque doit être ou devenir le lieu de partage des ressources. Elle doit donc recevoir le budget nécessaire à son enrichissement.

Dans un deuxième temps, en ne créant qu’une bibliothèque classe, tel que vous le prononcez, vous allez directement à l’encontre même des fondements du rapport Parent paru dans les années 60, rapport qui a jeté les assises de notre système d’éducation actuel. On y déclarait ceci:

Dans l’école active, la bibliothèque scolaire est en effet le laboratoire général de tout l’enseignement. La place et le rôle de la bibliothèque, dans une école, doivent symboliser et illustrer l’importance que l’on accorde, dans l’enseignement, à la fréquentation des chefs-d’oeuvre, aux ouvrages documentaires de toutes sortes. La bibliothèque doit être un lieu accueillant, d’accès facile, […] où la bonne organisation administrative facilitent la lecture, le travail, la recherche. Le maître et l’élève doivent y travailler l’un près de l’autre. Tout doit contribuer à faire, de ces heures passées à la bibliothèque, des heures calmes, actives et substantielles. La bibliothèque est un instrument essentiel de l’enseignement. Reconnaître cette importance primordiale de la bibliothèque scolaire, c’est en même temps reconnaître comme nous le verrons, qu’il y faut accorder un budget suffisant, un espace convenable dans l’architecture scolaire, un personnel compétent.

De plus, il nous est impossible de croire qu’un enseignant puisse dépenser à lui seul son budget classe et uniquement pour garnir sa bibliothèque classe. Nous n’avons qu’à penser aux répercussions que cela implique: des doubles, voire des triples exemplaires d’un même titre, des collections stagnantes, sans nouveautés, qui resteront dans un coin lecture sans ne plus susciter l’intérêt de ses usagers après deux ou trois semaines d’utilisation. Un coin lecture n’est pas une bibliothèque, il est utile pour développer une collection thématique, alléchante, où les élèves y verront des nouveautés, des coups de coeur. Un coin lecture doit être alimentée par la bibliothèque scolaire, et changer constamment, mais ne doit, en aucun cas, devenir inactif et inintéressant. Comment, à ce moment-ci, parler des coins lecture sans citer Madame Jocelyne Giasson, auteure qui a proposé différentes avenues pour utiliser le texte littéraire en classe. Dans son livre «Les textes littéraires à l’école», elle traite des trois entités que sont la bibliothèque municipale, scolaire et de classe, de façon très explicite et propose une complémentarité de celles-ci. Elle dit surtout:

«Loin de faire double emploi avec la bibliothèque scolaire, le coin lecture a une vocation propre. Il apprivoise l’enfant à la présence du livre en le mettant en contact quotidien avec plusieurs livres dont le nombre limité permet une plus grande assimilation visuelle des titres, des genres, des auteurs.»

Finalement, il n’est pas spécifié sur le site du MÉLS que les bibliothécaires seront affectés dans une école spécifique. Le MÉLS fait mention de commissions scolaires. Par conséquent, les bibliothécaires sont en soutien aux écoles primaires et secondaires de leur commission scolaire. Ils sont présents pour élaborer des projets intégrant les ressources documentaires aux programmes d’études, former les équipes-école à l’utilisation des ressources documentaires, former à l’utilisation de la bibliothèque scolaire, etc. De plus, ce n’est pas parce que la plupart des bibliothécaires ont leur pied-à-terre dans les bureaux des commissions scolaires qu’ils ne sont pas présents dans les écoles. Étant encore trop peu nombreux, ils doivent travailler en mode macro, c’est-à-dire de proposer des pratiques et des projets pouvant rejoindre le maximum d’enseignants et d’élèves.

Les bibliothécaires scolaires ont plus de 25 ans de laisser-aller à rattraper. La preuve étant que la plupart des collections de nos écoles datent des années 70-80. Ils doivent redonner aux bibliothèques scolaires du primaire et du secondaire des bases solides sur lesquelles ils pourront ensuite construire un avenir. Mais tout cela ne se fera pas en trois ans. Pour que les résultats soient plus rapides, les bibliothécaires invitent tous les intervenants du milieu scolaire à collaborer avec eux afin de faire en sorte que les élèves du Québec développent leurs compétences en lecture, en écriture et en recherche documentaire.

Nous travaillons très fort depuis de nombreuses années pour détruire le mythe entourant la profession. Nous désirons, par le biais de cette lettre, vous demander votre collaboration pour valoriser les efforts entrepris et faire reconnaître que le bibliothécaire scolaire offre un service de qualité qui répond aux attentes des différentes clientèles du milieu scolaire, en soutenant la pédagogie et l’enseignement.

Les membres du conseil d’administration aimeraient vous offrir la possibilité d’aller rencontrer vos étudiants et de leur présenter les tâches du bibliothécaire et technicien en documentation ainsi que le rôle que doit jouer la bibliothèque scolaire dans une école. Vous comprendrez que le but est de bien faire connaître, auprès de ces futurs collaborateurs, notre rôle professionnel et les services documentaires de qualité qui s’y rattachent.

Bien à vous

Marie-Hélène Charest
Bibliothécaire
Vice-présidente
APSDS

Marie-Ève Guibord
Bibliothécaire
Secrétaire
APSDS

Références :

Rapport de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la province de Québec, Deuxième partie ou tome II: Les structures pédagogiques du système scolaire (suite). B. Les programmes d’études et les services éducatifs. (juin 1966). Adresse URL: http://classiques.uqac.ca/contemporains/quebec_commission_parent/rapport_parent_3/RP_3.html. Site web consulté le 27 septembre 2011.

GIASSON, Jocelyne. «Les textes littéraires à l’école», Éditeur Gaétan Morin.

Procédure d’embauche de bibliothécaires, http://www.mels.gouv.qc.ca/lecture/index.asp?page=objectif2_embaucher. En vue de soutenir les commissions scolaires dans leur mandat de favoriser l’exploitation pédagogique des ressources de la bibliothèque, le Ministère a ajouté une nouvelle mesure à son plan d’action, laquelle permettra l’embauche de nouveaux bibliothécaires. (Page consultée le 25 septembre 2011)

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